‹ De Mallarmé à 391Chapitre 20 sur 28 · PÉRISCOPE · texte numérisé non relu

PÉRISCOPE

Un cheval blanc sort de la mer est-ce Vénus dans ses champagnes dans ses linges du cancan

est-ce Vénus Flagrant délit dans les dentelles du lit

Naissance alors c’est un ange il dit: Je vous salue Marie Vous aurez un fils sans mari préparez bonnets et langes \ ange à cheval un cheval blanc

L'ange entra dans le cours d’ Histoire naturelle par la fenêtre de façon toute nalurelle il élail un bateau pris dans un bloc de glace

Armoire à glace La petile fille qui fut seule à le voir n'a jamais rien osé dire à sa famille

V’énus sort parmi les litres S'ECOUËS

dans l'odeur d'huître

son dos rose plus mouillé que le dos du vitrier

le soleil dessus miroile

Le cheval blanc boîle à Droite en remuant du sabot La bave des paquebols

Vingt mille banknotes pour vous capitaine St nous arriwons avant ce soir à Liverpool

Depuis je n'ai jamais revu la mer.

Il y a même, dans ce livre, une Romance qui appartient plus encore au genre classique. Citons, sans cette fois, nous excuser de citer : |

Mon toit penche rose en ardoises Le malin travaille dessus

Dans le printemps de Seine-et-Oise Jadis on était bien reçu

Parfois une rose charmante Perdait ses joues sur le gazon Le vent du sud qui la tourmente Matelot berce la’ maison

Les perles dans la mer de Chine Le plongeur nègre est un soda Nous ne sommes plus des machines Le ciel se déquise en soldat

Sans doule une rose inconnue Fera notre pays vainqueur ÆMonlre-moi lon épaule nue Je sais lon visage par cœur.

Genre classique avec des images neuves, sous l'ennui des transitions savantes et des intermédiaires explicatifs. Ces images jolies, naïves, on les retrouve dans des proses qui sont de la poésie, pas des poèmes en prose ef qui ont la saveur des dictées de notre enfance. Elles évoquent l'atmosphère d'une classe enfantine, avec la fenêtre ouverte sur le jardin, plein de soleil, et les plumes qui crissent sur les cahiers à deux sous, telles des cigales. Voici une page qui rappelle la manière de Marie Laurencain :

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