XXII INTRODUCTION
Si maintenant nous considérons le globe terrestre lui-même dans l'ensemble des matières inorganiques qui le composent, dans sa structure, ne s'offre-t-il pas à nous comme une figure des êtres organisés qui doivent l'habiter?
Les mêmes lois d'attraction et d'affinité qui régissent le monde vivant , règlent aussi le monde inanimé^; la chaleur, l'électricité, le magnétisme, qui modifient les plantes et les animaux, modifient de même et incessamment le règne minéral.
Les philosophes anciens, Platon, Zenon, voyaient dans notre globe un animal immense : les poètes ont aimé à le représenter ainsi. Tout est-il absolument fictif dans cette conception ? L'âme du monde est une fable ; mais il faut reconnaître que Dieu en
vivants. Ainsi les évolutions du globe terrestre attestent, dans sa durée précédente, aussi bien que dans sa présente existence, des associations réglées, des rencontres prévues, des progrès calculés , des types de plus en plus parfaits s'enchaînant avec une harmonie admirable. (Lévêque, les Harmonies providentielles.)
* Les corps inanimés, simples ou composés, solides, liquides ou gazeux , semblent dépourvus de cette unité sans laquelle il n'y a aucun ordre, aucune harmonie. Mais la science, en les examinant de près , a trouvé que les corps les plus simples sont en même temps multiples, formés d'un nombre variable de particules infiniment j^etites. Ces systèmes de molécules sont doués du double pouvoir de s'attirer et de se repousser. Elles s'attirent assez pour rester ensemble ; elles se repoussent assez pour demeurer distinctes ; et les corps se maintiennent par l'équilibre de ces deux forces. Les mouvements harmonieux des astres sont produits par la combinaison des mêmes forces; ils s'attirent conformément à la double loi de l'attraction posée par Newton , et ils se repoussent en vertu de leur mouvement propre et initial, qui les lance en ligne droite.