‹ De Moise à DavidChapitre 24 sur 106 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

la sève, circulent à travers les longs tubes qui constituent le végétal, en abreuvent toutes les parties, et se portent dans les feuilles ou à la superficie des autres organes; là, se trouvant en contact avec l'air et la lumière, au moyen des pores dont un végétal est criblé, ils se combinent et s'identifient avec la substance de la plante.

Les animaux rejettent les substances inutiles ou nuisibles, et s'approprient celles qu'ils peuvent s'assimiler. Les plantes agissent a])Solument de la même manière.

Si de la nutrition des animaux et des plantes nous passons à leur reproduction, nous trouvons encore là de nombreux rapports entre les deux règnes. Les animaux ont des sexes ; les plantes aussi. Les animaux sont vivipares, c'est-à-dire qu'ils mettent au jour leurs petits vivants : quelques graminées, des lis , des aulx , produisent de petites plantes toutes formées. Ou bien ils sont ovipares, c'est-à-dire qu'ils se reproduisent par des œufs : une graine estelle autre chose qu'un œuf végétal ?

Ce qui n'est pas moins étonnant, c'est cet autre phénomène qui nous montre dans une partie d'un même être vivant \ dans la graine de la plante,

* La feuille avec ses nervures parallèles est la figure de la branche, la branche la figure de la tige. Si, après avoir déraciné un arbre, on coupe sa tige en deux parties à peu près égales, chacune des moitiés est la figure de l'autre; car l'épanouissement de la racine est la figure de l'épanouissement supérieur de la tige. Si l'on fait passer un plan partageant en parties égales l'axe vertébral dans sa longueur, chaque moitié de vertèbre sera la figure de l'autre.

LNTRODUCTION XXVU

dans le germe de l'animal, leur propre figure en raccourci. La graine renferme un commencement de plante, et le germe animal, un commencement d'animal, qui deviendra l'embryon. Ces germes, imperceptibles à l'instant de leur formation , contiennent déjà , dans leurs tissus , la trame ou le canevas des organes de la vie ; et le développement de ces organes s'opère à l'aide de molécules qui se disposent dans cette trame invisible, comme si leur place j était marquée d'avance ^

Puisque les choses sont ainsi et que le règne végétal a précédé le règne animal, ne pouvons-nous pas dire qu'il l'a figuré ?

Le règne purement animal, à son tour, malgré son infériorité, qui consiste surtout dans la privation de la raison, ou mieux encore dans l'absence de ce qu'un naturaliste-, M. de Quatrefages, appelle l'àme humaine, n'a-t-il pas été la figure du règne humain? Les' rapports physiques entre l'homme et les espèces animales les plus élevées sont si manifestes, que des naturalistes ont voulu et veulent encore , en dépit de l'abîme infranchissable qui sépare l'homme du singe, faire descendre celui-là de celui-ci. Un

* Lo végétal règle , assouplit , coordonne ses fonctions par rapport à son milieu particulier. Chaque habitat lui imprime un caractère frappant, une physionomie distiacte, qui est pour lui tantôt comme une marque d'origine, tantôt comme un certificat de naturalisation. De même l'animal, transporté d'un milieu dans un autre, s'acclimate , c'est-à-dire que certains traits de son organisation se mettent en harmonie avec ce nouveau milieu.

^ L'Espèce humaine.

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