‹ De Moise à DavidChapitre 30 sur 106 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

aux lois divines , par le travail , la patience et la lutte contre le mal, nos premiers parents comprirent tout de suite qu'ils entraient dans un genre de vie préparatoire à la régénération future de l'humanité.

Cette conviction dut, à Fépoque patriarcale, se fortifier graduellement et proportionnellement aux progrès que Dieu introduisait dans la préparation de son œuvre de salut. Lorsque, pour se faire un peuple à part, il donna à Abraham l'ordre de quitter la Chaldée; lorsqu'il contracta alliance avec lui et le combla des plus riches promesses, se déclarant à la fois son protecteur et son guide, Abraham et sa famille crurent d'une foi très ferme à l'avenir de gloire et de bonheur que renfermaient les bénédictions messianiques; ils voyaient dans chacun des événements heureux qui les réalisait, un acheminement à la fortune promise, une ombre, une figure des destinées vers lesquelles Dieu conduisait son peuple naissant.

La foi à la préparation messianique put s'appuyer sur des témoignages bien plus nombreux encore, lorsque, plaçant Moïse à la tête des Israélites, Dieu les arracha miraculeusement à l'Egypte , et qu'il dicta lui-même la Loi sur le Sinaï. Les hommes pieux, les hommes intelligents furent rares sans doute au milieu d'Israël encore barbare ; mais ceuxlà crurent à la parole de Moïse , ils comprirent que Jéhovah voulait faire des descendants d'Abraham,

XXXIV liNTRODUCTION

d'Isaac et de Jacob, un peuple sacerdotal et royal*, divinement constitué, dont les institutions, les chefs, les juges, les rois, les prophètes seraient marqués du sceau divin de la préparation messianique.

Le nombre des croyants n'est point ici la chose principale. Ce n'a jamais été qu'au moyen d'une élite que Dieu a préparé son œuvre en Israël ; on le constate au pied du Sinaï, comme on le constatera au pied de la croix. Gédéon, qui remporte une victoire sur les Madianites avec trois cents guerriers, est l'image des grands serviteurs de Dieu, qui accomplirent à travers les siècles son œuvre victorieuse , en dépit des majorités perverses et avec un petit nombre de disciples et de fidèles. Le peuple juif lui-même, gardien du monothéisme et dépositaire des promesses , n'était qu'une minuscule fraction de l'humanité ; et cependant son monothéisme a triomphé d'un polythéisme universel. Le Christ n'at-il pas conquis le monde avec douze apôtres? Il ne faut pas s'en étonner : c'est une loi à la fois physique et morale, que Dieu fasse les plus grandes choses avec les plus petits moyens. Un ferment transforme et modifie des masses, et cela est surtout vrai dans le domaine moral et religieux : c'est l'histoire du ferment évangélique , l'image du règne de Dieu : « Le royaume des cieux est semblable au levain qu'une femme prend et qu'elle mêle

^ Exod. XIX, 6.

Page 1