INTRODUCTION XXXV
dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que la pâte soit toute levée ^ » Il faut distinguer la fin des moyens. La conversion du monde, FEglise catholique , dans leur grandiose expansion , sont le but; mais Moïse et le groupe fidèle qui Tentoure, le petit peuple juif, les apôtres, ne sont que des instruments. C'est dans la disproportion des moyens et de leurs résultats que Dieu semble se complaire, afin de manifester aux hommes sa toute- puissance. Nul autre que le peuple juif n'a jamais aspiré avec une foi plus persévérante à des destinées plus élevées. Il lisait les magnificences de l'avenir dans les signes particuliers de la protection de Dieu et de ses admirables desseins, à ce point qu'il se trouvait parfois exposé au danger de croire trop voisine de lui la réfdisation des promesses. Les commentateurs disent que les grandes choses faites par David et ses victoires laissèrent croire à son peuple et un peu au roi lui-même, que le règne du Messie arrivait, et que ce règne se réaliserait sous Salomon ou peu après lui. Les Israélites étaient tellement frappés des signes messianiques mis sous leurs yeux, que si la Providence n'avait eu soin de les avertir de leur erreur par les leçons sévères du désenchantement, ils auraient cru à l'avènement immédiat du règne de Dieu. Ainsi les croisés, ignorants des distances et ne connaissant rien des pays par où ils passaient, s'imaginaient toujours, en apercevant une ville dans
1 Matth. XIII, 33; Luc. xiii, 21.