‹ De Moise à DavidChapitre 34 sur 106 · INTRODUCTION XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLI

admettant que cette école ait eu quelque influence sur certains Juifs hellènes , il faut cependant reconnaître que la sphère de ses influences a été étroitement circonscrite en Judée, et se rappeler les dissidences qui existèrent toujours entre les Juifs hellènes et ceux de la Palestine. Ces derniers formèrent jusqu'à la fin l'immense majorité de la nation. Ils avaient hérité de leurs ancêtres la haine de l'étranger, le dégoût des faux cultes et des théories philosophiques : comment donc supposer qu'ils aient emprunté aux Grecs, non seulement des théories spéculatives, mais encore une méthode d'interprétation des saintes Écritures, c'est-à-dire la clef du trésor dont ils étaient si justement jaloux? Plîilon lui-même, bien que juif, n'était guère aux yeux de ses coreligionnaires de Jérusalem qu'un dissident. C'est de la tradition juive qu'il avait reçu la croyance au sens spirituel des Ecritures : il ne l'avait pas inaugurée. Par l'usage exagéré qu'il en fit, par ses interprétations arbitraires, il se compromit aux yeux des Juifs de Palestine : bien loin de les entraîner, il fut réduit à se défendre '.

* Nous ne perdons peut-être pas beaucoup à n'avoir point le livre que l'historien Josèphe s'était proposé d'écrire sur le sens figuratif de la Bible. L'étude des littératures et des philosophies de la Grèce exerça beaucoup trop d'influence sur ce Juif désireux de complaire aux ennemis et aux vainqueurs de sa nation. Il se montra incliné à faire fléchir la rigueur de la doctrine , à sophistiquer sa sève traditionnelle, à corriger Tanière saveur dumosaïsme. Nous aimerions mieux savoir au juste quelles étaient à cet égard les traditions des Esséniens. Elles no devaient guère, suivant

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