‹ De Moise à DavidChapitre 35 sur 106 · XLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLII INTRODUCTION

En même temps que montait la haine du judaïsme contre l'Eglise chrétienne, l'exégèse juive dégénérait graduellement ^ Les rabbins cessèrent d'étudier la Bible au point de vue de la vérité historique et d'une saine philologie. Point de travail d'ensemble dans leurs rapsodies, mais des rafFmements d'interprétation obtenus par les moyens les plus violents. Ils séparaient une phrase, isolaient même quelquefois un mot d'un texte pour lui donner un sens arbitraire, substituant des synonymes, ou déplaçant les lettres. Ils en arrivèrent à affirmer que chaque verset peut avoir une dizaine, une centaine et même plusieurs centaines d'interprétations ^ C'est l'abus effréné des sens mystiques. Si la méthode d'interprétation appelée Halaka garda encore quelque mesure, la méthode appelée Hagada n'en garda aucune^.

toute probabilité, différer de celles des Juifs contemporains de Jésus-Christ. Saint Paul, qui avait fréquenté recelé de Gamaliel, nous a consei-vé, croyons-nous, ce qu'il y avait encore de juste et d'élevé dans les méthodes des synagogues de son temps. (V. sur ce sujet Stapfer, la Palestine au temps de J.-C, liv, II.)

^ Dopke, des Ecrivains du Nouveau Testament, 1829. — Hirschfeld, de l'Esprit de l'exégèse tahnudique de la Bible, 1847. — Geiger, Annales de la théologie juive. — Gilly, Précis d'introduction, t. III, p. 43, — Trochon, la Sainte Bible avec commentaires, t. I , S56.

- Eisenmenger, Entdecktes Judenthum, I, p. 4b4.

•* Quand les Juifs veulent prouver une proposition par V Hagada, ils prennent un texte qu'ils isolent et séparent de tout ce qui le précède ou le suit. Pour trouver de nouveaux sens, des preuves, des allusions , ils cherchent le nombre arithmétique exprimé par les lettres : ils font permuter les lettres semblables et les synonymes. Ils ne s'arrêtent pas là ; ils rapprochent des textes qui n'ont aucun rapport les uns avec les autres. Tholùck raconte qu'un jour.

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