‹ De Moise à DavidChapitre 37 sur 106 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

passé ; à ce point qu'il est même difficile de savoir si c'est le présent qui nous fait comprendre le passé, ou si c'est le passé qui nous fait juger du présent*. Les premiers chrétiens reçurent des apôtres les mêmes principes. Les écrits de saint Barnabe ^, de saint Irénée ^, de Clément d'Alexandrie*, d'Origène, en fournissent des preuves multiples. Le juif Triphon reproche à Justin, et Gelse reproche aux chrétiens de son temps, d'en faire un usage abusif. Il est certain qu'Origène s'est laissé entraîner souvent par sa riche imagination. On ne peut faire le même reproche à saint Ambroise, à saint Hilaire de Poitiers, à saint Augustin. Ce dernier déclare qu'il ne faut jamais, comme Philon et comme Origène , sacrifier le sens littéral et historique ; mais ce serait, dit -il, faire acte de servilité et d'ignorance que de ne pas chercher sous la lettre qui tue le sens spirituel qui vivifie^; car Dieu a prophétisé non seulement par les mots, mais aussi par les choses : 0 res gestas, sed prophelice gestas, s'écriet-il ; per homines , sed divinifus ! Ce n'est point lui d'ailleurs qui, le premier, a reconnu et constaté les quatre sens scripturaires : le grand docteur dit

* Sachs, la Poésie juive en Espagne, p. 61.

^ Epist., vii-XLvi.

^ Adv. haeres., 1. IV, xxv, xxvi.

" Sti'oni., V, 8; cf. Tertul., Adv. Marcion., xv, 7; de Bapt.. ix; de Idolol., y; Cypr., de Bono Sap., etc.

^ De doctrina Christi, lu, 13 ; de Consensu Evangel., I, c. xi, xvii; Epist. ad Paulin., etc.

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