‹ De Moise à DavidChapitre 38 sur 106 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

formellement qu'il emprunte cette division aux commentateurs de la Bible qui l'ont précédée

Dans toute Thistoire de TÉglise, presque aucune voix discordante ne s'est élevée à ce sujet parmi les catholiques orthodoxes ^ Théodore de Mopsueste et ses adhérents furent les seuls chrétiens qui, avant la Réforme, aient critiqué Finterprétation typique en usage dans l'Eglise. Ils ne niaient pas le principe, mais ils en réduisaient excessivement l'application^.

Il ne faut pas croire non plus que les protestants aient rejeté ce principe. Luther et Calvin avaient aussi la prétention de ne s'élever que contre les abus. Salméron ne leur reprochait pas de vouloir

1 Les chrétiens admettaient avant lui un sens historique; un sens causatif, montrant la raison des choses; un sens analogique, révélant le parallélisme de TAncien et du Nouveau Testament , et un sens allégorique. Ailleurs, saint Augustin distingue le sens des mots, le sens des faits et lo sens des mystères. Par allégorie saint Augustin entend en général le sens typique. Le moyen âge, on le sait, a suivi saint Augustin; il distingue ordinairement les sens historique, allégorique, tropologique et anagogique. (De Utililate credendi, m; De vera Relief., l.)

- Saint Thomas résume ainsi leur enseignement : '< Auclor sacrœ Scripturae est Deus, in cujus potestate est, ut non solum voces ad significandum accommodet, quod etiam homo facere potest, sed etiam res ipsas. Et ideo cumin omnibus scientiis voces significent, hoc habet proprium ista scientia quod ipsse res significatœ per voces etiam significant aliquid. » (I* q. I, a. 10. c.)

^ Voici les paroles de Théodore de Mopsueste : « Plurima Deus in V. T. ita administravit, ut gesta illa tum ejus temporis hominibus maximam prseberent utilitatem, tum etiam significationem haberent futurarum rerum. IIoc modo invenitur vetera esse typum quemdam posteriorum , etc. » (In Jonam, prol.; cf. Kihn, Theodor von Mopsuestia , p. 128 et suiv.)

XLYI INTRODUCTION

supprimer les types, mais il les accusait de ne pas assez en comprendre la valeur démonstrative ' .

La polémique qui s'engagea à ce sujet eut du moins pour résultat d'amener les théologiens à séparer, plus nettement qu'ils ne l'avaient fait jusqu'alors, le type de V allégorie proprement dite. On distingua le type dans les personnes et le type dans les choses, le sens accommodatice, le sens littéral et historique. Pendant tout le xvif siècle, et au commencement du xviif, les protestants produisirent, on peut le dire à leur louange, d'excellents travaux sur la science qu'ils appelaient typologie. Bengel a écrit de fort belles pages sur cette matière ^.

Il y aurait également beaucoup à prendre dans les mystiques de Wurtemberg, tels que Hiller ^, et même chez les docteurs du nord de T Allemagne. Grusius s'est plu à décrire la progression des types de l'Ancien Testament ^, et il a vu dans le règne de David celui du règne du Christ. Mais à partir du

* « Argumenta nostra, dil-il, aJj allegoriis sumpta protestantes parvi faciunt, a quibus vel hoc signo intelligitur abesse spiritum, quo medullas Scripturarum penetrare possint. » (II Cor. m.)

^ « L'Ancien Testament, dit-il, considéré dans son ensemble, nous montre la pensée de la rédemption comme un principe fécond, un germe historique duquel naissent les événements qui éclairent à la fois le passé et l'avenir. Chaque livre de l'Ecriture a sa manière propre, mais le même esprit, l'Esprit -Saint, en vivifie toutes les parties. » — « Voyez la plante, dit aussi un disciple de Bengel, sa graine renferme un principe actif qui modèle sur un même type les feuilles , les rameaux , les branches, la tige et la racine. Ainsi en est-il de la sainte Écriture. »

^ Les types du Christ dans l'Ancien Testament.

'' Hypomnemata theologise propheticée.

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