‹ De Moise à DavidChapitre 48 sur 106 · INTRODUCTION LVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LVII

Assurément, Farchitecture du premier temple fut belle, et ses matériaux précieux; sans doute les lingots d'or et d'argent extraits de mines qui semblaient inépuisables y furent prodigués. Les objets d'art y abondaient. On n'avait peut-être jamais vu une œuvre aussi parfaitement conçue.

Cependant, il faut l'avouer, un monument semblable n'illustrerait aucun des monarques d'aujourd'hui; et de petits Etats ont élevé, depuis Salomon, des édifices cjui présentent, nous ne disons pas le même luxe d'or et d'argent, mais une aussi grande somme de beautés artistiques. La valeur de l'œuvre de Salomon était donc toute relative. La Bible, bien différente de la poésie des Grecs, n'a idolâtré ni la force , ni la richesse , ni les arts ; elle n'en exagère pas l'éloge : ce qu'elle exalte est placé plus haut, dans la sphère des choses éternellement durables et divinement belles. C'est là qu'il faut chercher la vraie beauté et la vraie gloire du temple de Jérusalem. Il faut élever les yeux par delà l'édifice matériel, vers la réalité dont il est le symbole. Si le temple n'avait été qu'un monument ordinaire , construit avec des matériaux périssables, son royal architecte ne se serait point écrié au jour de la dédicace, dans l'ivresse d'une sainte joie : « Je vous ai construit une demeure, ô mon Dieu, où vous habiterez éternellement ! »

Le temple était le symbole de cette mystérieuse royauté de David , dans laquelle , pendant près de

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