‹ De Moise à DavidChapitre 59 sur 106 · LE TABERNACLE ET L'ARCHE · texte numérisé non relu

LE TABERNACLE ET L'ARCHE

Moïse a décrit ce palais sacré d'après le plan tracé

par

le Seigneur.

L'Éternel parla à Moïse en ces termes : ce Dis aux enfants d'Israël qu'ils doivent me faire un sanctuaire où je demeurerai au milieu d'eux. Vous le ferez selon le modèle de la demeure que je t'ai montrée '.

« Tu feras dix tentures de lin retors, couleur de pourpre violette et rouge, et de cramoisi, formant des ligures de chérubins : ce sera l'ouvrage d'un habile tisseur. Chaque tenture aura vingt-huit coudées de longueur et quatre de largeur; tu les joindras cinq à cinq, et les deux moitiés se rattacheront l'une à l'autre par cinquante nœuds de pourpre violette et cinquante agrafes dor, en sorte que le tabernacle forme un seul tout ^

« Ensuite tu feras des tapis en poil de chèvre , au nombre de onze, pour former le toit et la couverture du tabernacle. Chaque tapis aura trente coudées de longueur et quatre de largeur... La couverture et le plafond seront liés ensemble par des nœuds et des agrafes d'airam ^.

« Tu feras aussi des planches en bois de siftini * pour clore le tabernacle (et en soutenir la tenture). Gha-

' On doit supposer que Dieu fit voir sur la montagne le modèle du tabernacle (Exod. xxvi, 30; xxvii, 8; cf. xxv, 40; Ilebr. viii, 5). Moïse venait de passer cjiiarante jours et quarante nuits sur le Sinaï (xxiv, 18).

- Cette tenture formait le plafond du tabernacle.

^ Par-dessus cette dernière couverture, formant le dôme de la tente, ohel , se trouvaient deux téguments, dont l'inférieur était de peaux de béliers teintes en rouge, et le supérieur de peaux d'un animal inconnu, thahasch (Vulgate, pelles ianlhins;], que le Talmud dit être une espèce de fouine.

* Le sitlim, acacia arabica, ne doit pas être confondu avec notre acacia de France ; il n'appartient pas à la même famille. C'est un liois à la fois léger et résistant, le plus convenable pour un temple portatif.

cune aura dix coudées de hauteur et une coudée et demi de largeur, et elles se joindront les unes aux autres au moyen de traverses en bois de sittlni. Chacune sera munie, au bout inférieur, de deux tenons pointus (ou dents) en argent (pour les fixer dans le sol), et sera recouverte d'or. Tu en feras (quarante-huit), vingt pour le côté du nord, vingt pour le côté du midi', et six pour le côté de l'occident (le fond du tabernacle) ; les deux autres planches seront placées aux deux angles des parois *. (Pour le côté oriental), qui est l'entrée du tabernacle, tu feras un rideau de lin retors, couleur pourpre violette et cramoisi, et tendu sur cinq colonnes de bois de sittim plaqué dor, avec des crochets d'or et des socles d'airain ^.

« Tu feras un second rideau de pourpre violette et rouge, de cramoisi et de lin retors, avec des figures de chérubins, et tu le suspendras par des crochets d'or à quatre colonnes de bois de sittim plaqué d'or, et aux socles d'argent. Tu placeras ce rideau à l'intérieur (à vingt coudées de l'entrée), pour établir une séparation entre le Saint et le Très-Saint. Et derrière ce rideau tu placeras l'arche de la loi *. »

Telle était la magnifique demeure que Dieu s'était fait construire au milieu d'Israël. Le trône sur lequel résidait sa majesté invisible s'appelait l'arche d'alliance. C'était une pièce fort riche, en forme de

* Ce qui donnait trente coudées pour toute la longueur du tabernacle, environ seize mètres.

^ De façon à fournir chacune une demi- coudée sur la paroi du fond, ce qui donnait au tabernacle une largeur de dix coudées, ou cinq mètres vingt -cinq.

^ Le texte ne dit pas si ce rideau glissait sur les boucles d'or; peut-être la draperie s'ouvrait -elle en deux, de manière qu'on pouvait passer au milieu.

* Lev. XXVI.

LE TABERNACLE ET L'ARCHE Hl

coffre. Faite de bois de siltim , on Tavait intérieurement et extérieurement couverte de lames d'or. Elle mesurait 1 mètre 73 de longueur et O^SO de largeur et de hauteur. Une sorte de couronne en or le plus pur entourait la partie supérieure. Quatre anneaux également d'or, fixés aux quatre angles, recevaient des barres en bois doré, dont se servaient les lévites pour porter l'arche dans les pérégrinations d'Israël et dans les expéditions guerrières. Elle renfermait les deux tables du Décalogue'. Le couvercle, ou propitiatoire, était en or massif laminé au marteau ^ Aux deux extrémités, et face à face, se voyaient deux kéruhim, la tête inclinée et les ailes déployées, comme pour voiler le mystère. L'espace libre entre les deux chérubins était réservé au Dieu invisible. C'était vers ce point central que Moïse et le grand prêtre dirigeaient leurs regards suppliants aux jours difficiles, et il leur semblait entendre sortir de là des voix mystérieuses ^

^ Le Décalogue étant le résumé des lois et des préceptes, conditions de l'alliance de Jéhovah avec Israël, l'arche prit pour cette raison le nom d'arche d'alliance (Num. x, 33).

'- Le mot hébreu capporeth, couvercle, vient de "123, couvrir. Les Septante ont traduit ce mot parTz-aaTr-piov, en donnant au même verbe le sens qu'il a aussi de expier ; d'où la version de la Vulgate propitiatorium, et le nom de propitiatoire.

^ Exod. XXV, 22. Les découvertes faites en Egypte et en Assyrie nous permettent de nous imaginer ce qu'étaient les kérubim qui abritaient l'arche de leurs ailes. Les artistes égyptiens aimaient à combiner ensemble les diverses figures d'animaux , pour en composer des êtres chimériques, exprimant sans doute la réunion des propriétés attribuées à chacun d'eux. Comme les sphinx, les kérubim avaient sans doute une face humaine et un corps de lion, symboles de l'intelligence et de la force réunies. Le sphinx

L'arche était placée au fond du tabernacle, dans la partie appelée le Saint des saints, derrière le voile précieux qui divisait la tente sacrée en deux parties inégales. Dans la partie antérieure, cpii était la plus grande , se trouvaient la table des pains de proposition, en bois de sittim doré, avec une couronne d'or à Fentour^, et le chandelier à sept branches, décoré de fleurs de lotus, le tout en or, d'une seule pièce et travaillé au marteau^. Des lampes, suspendues aux tiges du chandelier, brûlaient perpétuellement, jetant leurs pâles rayons sur le mystère. On les allumait tous les soirs.

A Feutrée du Saint, devant le chandelier et la table de proposition , s'élevait un petit autel , appelé autel des parfums, parce que matin et soir le grand prêtre y brûlait des parfums et des aromates, ou autel d'or, parce qu'il était entièrement revêtu de lames de ce métal ^

Si maintenant nous sortons du tabernacle, nous

avait des ailes d'aigle, symbole de l'élévation de l'esprit et des pensées. Les kérubim étaient, dit Bœhr, la plus parfaite manifestation de Dieu dans la nature; ils ne représentaient pas sa divinité, mais la symbolisaient. Ils recouvraient le lieu de la révélalion {SijDiholik des rnosaischen cuKus, t. I, p. 341-346).

* Les pains de proposition , faits de fleur de farine sans levain, et recouverts d'encens, étaient au nombre de douze et représentaient sans doute les douze tribus. On les renouvelait chaque jour de sabbat. Les pains qu'on enlevait appartenaient aux prêtres, qui devaient les manger dans le lieu saint

- En Egypte, la fleur de lotus entrait dans tous les détails de l'architecture, chapiteaux, bas-reliefs, sculpture, peinture, étoffes. Cette fleur délicate était considérée comme un symbole de renaissance et de résurrection.

3 Exod. XXX, 1-9; Xum. iv, 11.

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