‹ De mon village à ParisChapitre 15 sur 57 · Dieu de notre beau parler · texte numérisé non relu

Dieu de notre beau parler

très spacieuse, entourée d^ormeaux géants, sous F ombrage desquels s^alignent les terrasses des cafés, garnies de quelques tablées de paysans, sirotant la verte * et discutant sur les travaux agricoles de l'époque. A côté, F église simple et jolie voisine avec la coquette villa de Mistral.

Lorsque je sonne au portail grillagé de la maison de Tempereur des félibres, une servante apparaît, et tout en m" examinant minutieusement semble deviner Fobjet de ma visite. Elle dit toute souriante :

— Vous demandez M. Mistral? Dépêchez-vous; il va partir en promenade dans les champs.

Je hâte le pas, et en effet, sur le seuil même de la porte, je le rencontre.

— Bonjour, maître, lui dis-je en m'inclinant respectueusement.

— Bonjour, mon brave Bouillarguois, répondil, souriant et la main tendue.

Puis il poursuit en m'entraînant amicalement dans son cabinet de travail :

— Je suis bien content de vous voir. J^ai lu vos œuvres ; elles m'ont vivement intéressé et charmé par leur inspiration et leur grâce. Quoique résidant à Paris, vous aimez et chantez tou-. jours les souvenirs de votre charmant village. C'est très bien, de conserver ainsi pieusement le culte de la petite patrie et des ancêtres.

Après m'avoir désigné un fauteuil^ à côté du sien, l'illustre poète continue :

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