‹ De mon village à ParisChapitre 16 sur 57 · L'absinthe · texte numérisé non relu

L'absinthe

CHEZ FRÉDÉRIC 3IISTRAL 107

— 11 faut que je vous félicite de la façon louable et intelligente, dont vous rédigez votre charmante revue littéraire la Mandoline. F'n pleine capitale, vous avez le courage et Thonneur de publier dans chaque livraison mensuelle plusieurs niticles de prose et des poèmes écrits en cette belle langue provençale, à la restauration de laquelle j'ai voué ma vie. Vous êtes digne à tous éi:ards de notre terre latine. Je vous en fais mon compliment. Allons, mon ami, il faut trinquer ensemble.

Et sur un geste du maître, la servante nous apporte une vieille bouteille de vin, de Château- Neuf du Pape. Nous choquons les verres, puis il reprend :

— A Paris, que fait-on? J'y fus, il y a quelques années au retour d'un voyage à Rouen, où j^'étais allé pour la mise en scène de Calendal\ ce voyage me permit même de présider un banquet de la Cigale ^ et de revoir mes nombreux amis... Depuis je n'y suis pas retourné.

Continuant sa causerie amicale et tout en versant une nouvelle tournée du fameux vin pontifical, sacré,paraît-il, par Clément VI, en son Vatican avignonnais, Frédéric Mistral ajoute ;

— Savez-vous qu'un grand prosateur provençal vient de se révéler en la personne de cet ancien paysan de Bellegarde (Gard), Baptiste Bonnet. Ses livres, traduits en français par mon

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