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CHEZ LE PRINCE DE LUSIGNAN

ce décor majestueux et troublant, auréolé par l'éclat d'uae immense gloire ancestrale.

Dès que je suis annoncé, les portes de la magnifique villa qu'il habite avenue de Neuilly s'ouvrent toutes grandes. Pour y arriver je traverse le petit jardin d'agrément qui en est comme la préface, et où sont disséminés avec art des arbustes empanachés, des plantes rares, des fleurs de toutes sortes baignées de rosée et de soleil.

Quand je pénètre dans le vaste salon de réception, je suis reçu par Taimable secrétaire du prince, M. Godefroy. Peu après Son Altesse Royale apparaît et vient vers moi sans trop d'affectation protocolaire. A l'instant, je m'incline devant Elle, et lui présente les hommages de mon respect et de mon admiration. Puis le prince, caressant sa barbe patriarcale, m'invite à prendre place dans un fauteuil en face de lui. Il me dit :

— Votre ouvrage historique sur la Maison des Lusignans est très documenté et mérite des félicitations. Je vous ai appelé aujourd hui pour vous faire des éloges. Maintenant voulant vous remercier d'une façon plus effective, j'ai décidé de vous nommer officier de l'ordre de Sairtte- Catherine du Mont Sinaiy en attendant que je vous donne le ruban de Mélusine, Voici la décoration, le diplôme et le brevet...

Emu, troublé de tant d'honneurs, je balbutiais quelques mots de remerciements, mais le prince moins grave que tout à l'heure me fit l'honneur d'un pèlerinage à travers ses salons, où toute

une riche galerie de tableaux est installée. Je note au passage : les portraits équestres du prince et de la princesse de Lusignan par Finck; un beau portrait du général Grespo, président du Venezuela ; Crépuscule, une belle toile par Aïvazosky ; et toute une kyrielle de ravissants tableaux si- ' gnés: Watteau, Payen, Steinheil, A. Debellutz, V. Lafon, Gibault, Kieffer, Planteau, Roussel. Plus loin, voici une magnifique plaquette représentant fidèlement les traits du prince, œuvre de Jules Robert, le célèbre graveur de la Banque de France. Plus loin encore, c'est une grande photographie de Victor Hugo dédiée au prince par l'illustre poète et signée de sa main.

Continuant notre excursion artistique au pays de la beauté, le glorieux héritier des rois de Chypre et d'Arménie me fait admirer une ravissante mandoline, cadeau que lui fit Fempereur d'Autriche en 1894. Ce divin instrument, pur travail de fées, est une merveille de l'art italien.

Enfin Son Altesse Royale s'arrête devant une immense bibliothèque et ouvrant quelques tiroirs^ Elle me montre les livres, journaux, gravures et documents de toutes sortes qu'Elle reçoit journellement des quatre coins du monde. Çà et là je remarquedes volumes écritsentouteslangues, consacrés à Fhistoire des Lusignans, d-e belles lithographies modernes, de vieilles estampes, des parchemins jaunis et de très curieux manuscrits égyptiens et chinois.

Et le prince qui paraît fier de toutes ces choses

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