‹ De mon village à ParisChapitre 35 sur 57 · LA FONDATION DE L*AUDACE · texte numérisé non relu

LA FONDATION DE L*AUDACE

« Ne nous donnez pas que des vers. Tout le monde n'est pas du Mont-Parnasse. La prose est un meilleur véhicule pour les idées. Défendez les idées de décentralisation, le provincialisme, c'està-dire les aspirations de la province, beaucoup trop considérée à Paris comme une quantité négligeable. Votre mentalité semble concourir à toutes ces formules bienfaisantes et salutaires.

« Il faut que le génie de chaque contrée se manifeste librement, ici et là, par la langue, par le costume^ par les usages et les mœurs. Chaque région doit avoir, comme dit Charles Maurras, sa physionomie et son individualité.

« Le but que vous vous proposez me paraît assez élevé et assez patriotique pour exciter votre ambition pour le bien et votre ardent amour pour les Muses.

« En créant r Audace vous aurez créé des sources nouvelles d'inspirations pour les talents naissants et vous aurez jeté les fondements d'une école d'esthétisme et de délivrance littéraire.

« Amicalement à vous,

Adolphe Pieyre. »

j Quelques semaines avant l'apparition du pre- I mier numéro, ayant soumis ce titre ; V Audace à I plusieurs personnalités du monde des lettres, en j sollicitant leurs impressions, ces efforts ne restèrent pas vains. Un certain nombre des maîtres contemporains applaudirent à ma tentative littéraire, et servirent ainsi de parrains à ma nouvelle

revue, comme en témoignent, du reste, tous ces précieux documents :

« Monsieur le Directeur,

« U Audace! j'aime ce titre pourvu qu'il soit bien entendu que l'audace ne signifie pas la déraison.

« L^audace à s'affranchir des platitudes et des vulgarités et aussi des rêves creux et des niaiseries transcendantes.

« L'audace qui est la véritable prudence dès qu'elle est inspirée par la raison et appuyée par la science.

« L'audace qui animait le pinceau de Michel Ange, le peintre des Sibylles et des Prophètes, qui gonflait le cœur de Beethoven, le chantre des sublimes symphonies, qui exaltait Victor Hugo, escaladant les hauteurs de l'histoire, qui portait les strophes de Lamartine jusqu'aux sphères éthérées.

« L'audace, la divinité tutélaire des vaillants et des dominateurs de la pensée et du cœur humain. Une vieillesse audacieuse est une belle rareté ; mais la jeunesse resterait-elle la jeunesse si elle ne Tétait pas I

« Je vous souhaite donc vent propice, sur la mer incertaine, où vous allez lancer votre jeune barque... Ave,

Emile Olliviêr. »

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« Monsieur,

« Je vous prie de m'excuser si j'ai tardé un peu longtemps à répondre à la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire au nom de la rédaction de l'Audace. Certes l'audace est une belle qualité, et elle est bien naturelle à la jeunesse. Toutefois, l'âge mûr, pour ne pas dire la vieillesse, apprend à s'en méfier un peu et n'encourage pas l'audace sans savoir comment elle se produira, et sous quelle forme.

« C'est un peu mon cas. Cependant, j'ai tenu à vous remercier de m'avoir écrit. Il faut toujours remercier les jeunes gens de ne pas témoigner trop de dédain à ceux qui les ont précédés dans la vie, et de faire quelques cas de leurs encouragements.

« Recevez, monsieur, l'assurance de mes sentiments empressés.

Comte d'Haussonville. »

« Mes chers Confrères,

€ Vous avez choisi un beau titre de revue littéraire et artistique.il a l'éclat de la jeunesse qui vous appartient ; il éveille la pensée de gloire et de danger. L'audace conduit loin et haut ; \ mais a-t-elle toujours le temps de n'être point particulièrement injuste ?

« Si c'est un conseil que vous me faites l'honj neur de me demander : ne secouez pas trop les

hommes ; remuez les idées qui sont insensibles et qui ont les réparations de l'éternité.

« Veuillez, mes chers confrères, agréer l'expression de mes vœux confraternels,

Paul Hervieu. » ^

« Mon cher Confrère,

« Veuillez croire à toute ma sympathie, et à rintérêt avec lequel je suivrai votre audacieuse tentative. Je vous serre bien cordialement la

main.

Edmond Rostand. »

v< Mon cher Monsieur,

« Je m'excuse auprès de vous de ne pouvoir, faute de temps, vous envoyer quelques mots pour votre revue PAiidace. Mais croyez que je suis heureux d'adresser mes meilleures sympathies et mes plus cordiaux souhaits de réussite et bonne chance pour votre entreprise.

« Agréez, cher Monsieur, mes sincères salutations.

Jules Lemaître. »

« Mon cher Confrère,

« Vous me demandez quelques mots pourmettre en tête de votre nouvelle revue littéraire /'A z^dace,

« Ce titre exprime ce qui manque le plus à tous les défenseurs de la tradition et de Tidée

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