CHEZ ALBERT VANDAL
Albert Vandal aime la France passionnément, et il en donne la preuve, en se sacrifiant tout entier à la glorification du génie de nos ancêtres.
Combien de fois n'ai-je pas entendu dire par des amis littéraires mille louanges de ses œuvres ! Cela me faisait d^autant plus plaisir que j'ai toujours été un de ses fervents admirateurs.
Aussi, il y a dix années, lorsque je publiais un deuxième volume de vers, je me fis un devoir et un honneur d'en offrir un exemplaire au maître qui me répondit par la gracieuse lettre suivante :
« Cher Confrère,
« Je vous remercie infiniment de Thommage que vous me faites en m'offrant vos précieuses Fleurs de rame.
« Je vous lis avec émotion et vos vers me ravissent.
« Veuillez recevoir, cher confrère, Texpression de mes sentiments distingués.
Albert Vandal. »
Plus tard, lors de la parution d'un autre livre, il me fit parvenir quelques lignes aimables, qui me prouvèrent une fois de plus, sa sympathie. De sorte que, sans me connaître personnellement, riUustre auteur de U Avènement de Bonaparte m.' a. toujours témoigné une grande estime.
C'est pourquoi, lorsque j'y allais faire ma visite de candidature, je fus charmé, touché do son gracieux accueil.
A peine avais-je fait passer ma carte qu^avec une amabilité sans pareille, il me reçoit dans son cabinet de travail.
— Je suis content, dit-il, de votre visite, ne vous connaissant que par vos œuvres et par la presse, il me tardait de vous voir personnellement pour vous dire tout le bien que je pense de vos belles poésies, qui exhalent un doux parfum de la Provence. Et la Provence je Taime, je l'adore, car ce pays superbe et troublant est le flanc le mieux fécondé de notre patrie.
Au cours de nombreux voyages que j^'ai faits, où tant de merveilles se sont mises à nu devant mes yeux étonnés, rien ne m'a fait déroger à mes idées, c'est-à-dire que le Midi de la France vaut pour moi toute la Grèce.
Les grands écrivains, comme Mistral, Barrés, Bazin et Aicard, qui ont magnifié dans des pages sublimes ces contrées enc hanter es ses, ne peuvent que confirmer mon opinion.
Puisque vous êtes de Nîmes, je ne veux pas vous dépeindre toutes les beautés idéales renfermées dans ses murs antiques, mais je tiens à vous dire que sa maison carrée, ses arènes et son temple de Diane, font de nous des êtres infiniment petits à côté de Teffort surhumain accompli par no puissants et glorieux ancêtres.
Non loin de Nîmes, Aiguesmortes, avec sa joli ceinture de remparts,, sa belle tour Constance e son paisible port immortalisé par saint Louis tout cela Maurice Barrés, qui pense comme mo