‹ De mon village à ParisChapitre 5 sur 57 · Petit berger · texte numérisé non relu

Petit berger

français Montcalm, l'illustre héros de Québec.

Ce marquis de Ghastelier, d'allure énergique et franche, était le type achevé de la vieille noblesse française. Tout à la fois large et bon, cet homme, ami des humbles, s'attaahait par nature aux ouvriers de la terre et savait gagner leur cœur.

De temps en temps, par de belles matinées estivales, il venait me voir dans les champs, au milieu du troupeau, dont j'avais la garde en Tab- j sence du pastre *. Gomme aune grande personne, il me tenait conversation ; il me parlait un peu de tout ce qui intéressait le bétail, et me faisait paternellement des recommandations pour les brebis et leurs agneaux.

Après un an, — c'était un dimanche matin avant qu'il ne partît à la messe — il me fit appeler au château par son baïle. Je m'y rendis avec la timidité de mon âge. Devant l'hésitation naturelle que je montrais à pénétrer dans le salon, chaussé de mes grands sabots crottés de fumier, il vint jusqu'à la porte et me dit de sa voix douce et rugueuse à la fois :

— Allons, Michel, rentres-tu ou non ?

Je m'avançais tout décontenancé, en faisant mille manières. Il me fit asseoir à son côté et ajouta :

— A dater de ce jour, je te donne cinquante francs de plus par an ; au lieu d'en gagner cent cinquante, tu auras donc deux cents francs.

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