‹ De Montaigne à VauvenarguesChapitre 14 sur 93 · IDÉES PLATONICIENNES · texte numérisé non relu

IDÉES PLATONICIENNES

dossi ^ d'Ortensio Landi, imprimés à Lyon en i5/i3, et dont une adaptation, de Charles Etienne, futmaintes fois rééditée de i553à i583. De cette littérature paradoxale, les plus spirituels modèles ^ peuvent bien être les Extravagances de l'amour, de i6o^, et les Paradoxes d'amour du sieur de la Valletrye (vers le même temps). On y soutient que l'absence en amour n'est point un mal, — que ce n'est point inconstance d'aymer deux femmes en un même temps, que ce n'est point infidélité d'aymer la maistresse de son ami. On y argumente p/'o et contra : « A) que l'amour n'est que folie, que desreiglement et tout malheur. — B) Que l'amour n'est que vertu, que sagesse et tout bonheur. » Et cependant, M. Rey nier pense que, à lire ces discussions bien conduites, « les esprits se sont affilés, les âmes se sont affinées, et par là on s'est rendu plus capable d'apprécier dans la littérature romanesque ce qu'il pouvait y avoir d'observation un peu délicate »• M. Marsan croit aussi - que de toute cette littérature où « l'on discute de contrat amoureux comme d'un acte de société commerciale », où l'on apprécie juridiquement «la validité d'un engagement de cœur »,il émane quelque chose de sain et d'élevé : « la raison s'y affirme comme juge delà passion ». Haussez le ton du procès, vous aurez les débats passionnés du théâtre cornélien. Peut-être, mais c'est le ton qui est tout. Qui va hausser le ton ?

Le sentiment de ce qu'il y a de sérieux et de tragique dans l'amour était très vif en certaines œuvres,

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