I. Revnier
lOO DE MONTAIGNE A VAtVENARGLES
culer, de saisir les questions générales, de discerner l'essentiel. Toutes les espèces de casuistique sont mortelles au sens intérieur.
Ce qui aurait pu renouveler, et ce qui faillit, — mais faillit seulement, une première fois, — renouveler notre littérature sentimentale, ce furent les idées platoniciennes. — Je ne prétends pas faire ici l'histoire du Platonisme au xxf siècle, mais je voudrais montrer, à l'aide de deux livres en particulier, — et de deux livres dont l'influence redevint considérable à la fin du siècle, — sous quelles formes principales les théories platoniciennes de l'amour ont pénétré chez nous.
Je ne veux pas dire que toute délicatesse sentimentale soit née du Platonisme ; — car, au contraire, si le Platonisme a été accueilli avec enthousiasme, c'est qu'il trouvait des âmes préparées pour le comprendre.
Il n'était probablement pas Platonicien, et il n'avait pas besoin de l'être, le héros de cette histoire d'amour ^ que Jean Bouchet raconte dans ses Mémoires (Edit. de 1527). et qui ressemble un peu à celle deM. de Glèves. Le jeune duc de la Trémouille, à 19 ans, fut pris d'une violente passion pour la femme d'un de ses amis, et il en fut aimé. C'étaient deux âmes naïves et pures. Ils luttèrent contre leur amour. Une lettre surprise fit