I. Marsan, iSg
IDKEH PLATONICIENNES lOI
connaître l'aventure au mari. Mais celui-ci, « par un effort de volonté généreuse, au lieu de chasser son ami ou de mettre sa femme sous les verrous, s'élevant au-dessus des mouvements vulgairesde la jalousie, par la confiance seule voulut détourner le péril. Il leur abandonna le soin de son honneur, et, vaincu par cette générosité simple », la Trémouille s'éloigna, rendant à son ami le cœur de sa femme. Il paraît qu'il y a de la rhétorique dans le récit de Bouchet, Mais nous apercevons au delà des âmes très élevées.
Le goût des sentiments parfaits, rares, simples pourtant, se montre, fort indépendant de toute influence platonicienne, en des passages de l'Amant ressuscité de la mort d'amour, par Théodore Valentinian Françoys (i555, iSSy, i558, 1672, i58o et lôaô sous le titre : Les Angoyses d'amour). Un jeune homme a déclaré honnêtement son amour à une jeune fille, — une vraie jeune fille ; il se donne à elle comme son captif, son esclave : « Gisant aux pieds de votre bénignité et clémence, demandant miséricorde. » Elle, sincère et simplette, ne peut s'expliquer qu'elle ait pu mériter un sentiment si excessif, une idolâtrie si complète : « Je suis comme éperdue en un étonnement extrême, dépourvue de tout conseil. 0 Elle ne sait comment répondre. Des semaines se passent. L'amant, pour la centième fois, a déclaré sa flamme ; elle se tait longtemps, il s'inquiète, supplie ; et elle avoue alors que c'est ^ « l'émotion trop forte qui a arrêté les mots sur ses lèvres »; et elle ajoute ces fières paroles, qui disent si bien le prix: de son amour : « Tout