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I04 DE MOMAIGXE A VAUVENARGUES
Yoilà des œuvres où le caractère grave et douloureux de l'amour est profondément marqué. Mais il y a plus : par la Prison d'amour, une influence platonicienne {et ce n'est là qu'une manifestation entre beaucoup d'autres) pénétrait en France (i526). La femme y est traitée S à la lettre, comme une divinité. Dans son plaidoyer pour les dames, Leriano expose cette idée, — bien propre à spiritualiser l'amour, que l'amour humain emprunte quelque chose de la beauté de l'amour divin vers lequel il nous achemine : '< La huytiesme raison est pour ce qu'elles nous font contemplatifz, car tant nous adonnons à la contemplation de la beauté et grâce de celle que aymons et tant prenons à la nostre passion que, quand cherchons contempler celle de Dieu, tant tendres et ouvers avons les cueurs qu'il semble que en nous aultres mes mesrecevons les playes et les tourmens siens. Dont se congnoist que par ceci nous aydent a acquérir perpétuelle béatitude. »
Mais allons prendre les choses en leur source, ou plutôt en leur première dérivation. Parmi les ouvrages théoriques, par lesquels s'est opérée, au cours du xvï" siècle, la difl"usion des idées platoniciennes, il en est deux qui ont été particulièrement lus : le Parfait Courtisan du comte Balthazar Castiglione, traduit pour la première fois vers i53o, puis en 153-, i538, i5.'|0, — et (remarquez ces dates), trois fois en i585,