ï«' livre, V. 177 et suiv
IDÉES PLATONICIENNES lOQ
La Philosophie d'Amour de Léon Hébreu est un livre beaucoup moins clair que le Courtisan. J'ai sous les yeux l'édition lyonnaise de lôgS ^. C'est un volume in-i6 de 8i6 pages. Le frontispice représente une figure d'homme, qui est peut-être le portrait de Léon Hébreu. Le personnage est dans une attitude méditative, et il porte sa main à ses lèvres comme pour commander le secret. Sous le portrait, les initiales D. C. L. signifient : Decet cognilionem latere. On n'en peut plus douter quand on se reporte à la page 2o3 de l'ouvrage, que l'auteur a pris soin de nous indiquer dans son Avis aux lecteurs : « Trop déclarer la vraye et profonde science, est la communiquer aux inhabiles à icelle ; en l'esprit desquels elle se gaste et adultère, comme fait le bon vin en un vaisseau mauvais ».
Dans le premier dialogue, entre Sophie et Philon, Léon Hébreu cherche à établir que « l'Amour et le Désir sont deux alTeclions de la volonté contraires... Car l'amour présuppose VEtre des choses, tandis que DJâ//' présuppose pn'uaf/o/i d'icelles. » Comment cela? interrompt Philon : « Pour ce que, répond Sophie, il faut que connaissance précède amour ; car on ne pourrait aimer chose aucune, si premièrement on ne la connaissait sous espèce de bonne ; et chose aucune ne chet en notre cognoissance, si par effect ne se trouve premièrement en Estre : pour ce que notre entendement est un miroir et exemple, ou, pour dire mieux, une image des choses réelles : de sorte qu'il n'y a chose aucune qui puisse estre aimée, si premièrement elle