‹ De Montaigne à VauvenarguesChapitre 23 sur 93 · I. Traduction du Parc, éditée en i55i, iSSg, 1077, iSgG · texte numérisé non relu

I. Traduction du Parc, éditée en i55i, iSSg, 1077, iSgG

IlO DE MOMAIGNE A VAUVENARGLES

ne se trouve rêelleincul eu EsLic » Par l'amour des choses honnêtes, l'homme se rapproche de la divine clarté qui est l'àme intellectivc, la seule des puissances humaines qui échappe à la mortalité. Mais pour que l'àme intellective fasse le bien, il faut qu'elle participe à la lumière divine : « pour ce, nonobstant qu'elle soit produite claire, comme estant rayon de la lueur divine, pourl'esgard de la colligation qui la tient avec le corps, et par estre offusquée de la ténébrosité de la matière, ne peut parvenir... aux luisantes conceptions de sapience, sinon qu'elle soit éclairée derechef par la lueur divine, n \oilà du méchant style : ne goûtons que les pensées.

Dans le IP Dialogue il est démontré que l'amour est le lien qui unit le monde corporel au monde spirituel.

Le Iir Dialogue peint l'ascension de l'esprit vers la beauté infinie. Mais il n'y est vraiment rien dit de plus que dans les dernières pages de Ballha/ar Graclan. Il est merveilleux que ce livre ait eu tant d'éditions : c'est que beaucoup des choses qui nous le rendent dithcile à lire le rendaient séduisant pour les hommes duxvi'^ siècle. Ce mélange d'astrologie, de mythologie, de rêveries cosmogoniques nous ennuie. Et cependant ce livre est de ceux qui contribuèrent à la difl'usion du Platonisme.

Assurément l'étal des mœurs ne répondait pas très exactement à d'aussi belles pensées. La Parfaicte Amye semble bien ' . à l'inverse de ce qu'on avait cru jusqu'ici ,

I. \. Gohin, nolico à l'édition critique d'Héroël (Société des textes \j l'ivinçais ruodernes).

IDEES PLATOMClli.NMiS

avoir clc ('ciilo pour répoiidre ù ï'Amyc fie Cour du sieur de la Borderie qui prônait la théorie de l'inconstance ; mais ce qui est sûr, c'est que l'esprit gaulois réagit assez vivement contre le Platonisme. Le Monophile d'Ei. Pasquier, en 1 55^, parle avec une sensible ironie de ces philosophes qui « par une grande perspective pensèrent atteindre à l'intelligence delà nature, imaginant l'amour estre une excellente idée qui, en tout, outrepassait l'humaine considération ». « Il n'est pas loin de partager l'opinion cavalière de Philopoli 1 )), qui est le théoricien de l'inconstance; et sans rien enlever à la noblesse de l'amour, il tient à le défendre contre ceux « qui, pour vouloir se rendre ses trop affectionnez protecteurs, le voulant par leurs subtilitez vivifier, nous l'ont cuydé amortir ».

D'autre part, il ne faut pas trop faire fond sur le Platonisme des poètes delà Pléiade-. Le plus grand admirateur du Platonisme, parmi eux, c'est Pontus de Tyard. Malheureusement, comme l'a montré M. Vianey ^, — bien que l'histoire de sa passion (qu'il nous décrit dans ses Eririirs amoureuses de 1 549, continuées en i55i) soit conforme à toutes les traditions du platonisme, il n'est que trop apparent que Pontus de Tyard s'est borné à « mettre la rhétorique de Tebaldeo et de Séraphin au service du Platonisme de Léon Hébreu ». Ce clinquant ne plut pas à la première génération de la Pléiade, qui avait le goût délicat. « Et elle avait une conception trop sensuelle de l'amour

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