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2. Reynier, 211 et n. M. Baudrier, de Lyon, a bieu voulu me communiquer le très précieuv ouvrage d'Antoine d'Lrfé (le frère d'Honoré), l'Honneur^ premier dialogue de Polémophilc, avec deux Episires appartenantes à ce traiclé : l'une, de la préférence des Platoniciens aux antres pkilosophics, l'antre, des dejrez de perfection. Lyon, ijga. Voici le début de l'Honneur : « L'Lranophile, las d'esfudier. sortoit de son Cabinet, pasle, morne, refrogné, et comme resvanl à quelque poinct trop difficile de sa Philo- U Sophie ; quand voici survenir le Polcraophile son compagnon, qui (un U peu plus gaillard, brusque, et délibéré que de coustume) s'addresse à j l'Uranophile avec un tel langage ; V.[ quoy ? ne cessere/.-vous jamais U
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late « une reprise assez nette du mouvement platonicien. De i583 à 1087, ou voit paraître le Notable discours ioiichanl la fraye et parfaicle amylié, traduit de Piccolomini par François d'Amboise, — le Dialogue de Chonnesle amour de B. de Yerville, — la harangue de parfaite amitié de Martin Spifame, — la Théorie de la vraye amour selon Platon, dans le Misaule ou Hayneux de Court de Gab. Chappuys, — le Discours de la Beauté de Gab. de Minut, où il est démontré que « ce qui est naturellement beau est aussi naturellement bon ». Tous ces ouvrages tendent à identifier le bien et l'amour, et à donner pour centre à la vie spirituelle l'amour purifié.
C'est l'influence des femmes qui a favorisé la pénétration des théories platoniciennes de l'amour. Mais en même temps, par elles, la philosophie de l'amour devenait tout simplement « une science de bonne compagnie ^ ». L'adoration spirituelle n'est « qu'un
d'alambicquer votre cerveau après ces frivoles, inutiles et chimériques contemplations ?... Rien ne sçauroit être plus hors de saison parmi ces cruelles et sanglantes guerres civiles, que s'appliquer aux sciences abstraites... Et puis le repos (qui est le plus requi.s à l'estude) fut-il jamais moindre, que durant ceste f^ùnérale combustion détente notre France'*... » Polémonhile, comme le fait remarquer M, Heure {la Vie et les œuvres d'Honoré d'Urfé, p. 9) finit par l'emporter sur Uranophile. Antoine se jeta dans la ligne Forezienne et mourut tragiquement, sous les murs de Villerèt, le i'^'' otobre lÔQ-'t. C'est celui de ses frères qu Honoré avait le plus aimé ; M. Reure émet l'hypothèse que Sylvandre, dans VAstrée (y. p. lôg et suiv.), peut être Antoine d'Urfé. — M. Revnier fp. i56, n. 5) signale un texte peu connu de Béroald de Verville (le Dialogue de la bonne (/race) qui montrerait que même en i583, au lendemain de la septième guerre de religion, il y avait des cénacles mondains. — De tout temps, les idées et l'échange des idées ont été des moyens d'échapper aux tristesses de la réalité. Le Platonisme a pu être pour quelques esprits ce nue l'art sera pour c«rtain< Parnassiens : un alilii. Il lieynier, 2if^.
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déguisement » . M"" de Gournay ^ dans le Proumenoir de M. de Montaujne^ après avoir dit que selon elle les amants parfaits seraient ceux qui (( borneraient leurs appétits amoureux aux possessions spirituelles », ajoute : « Or, il se trouve maiutefois de telz amants entre les femmes, par religion de pudeur et par conscience ; et entre les hommes, bien que rarement, par un jaloux et passionné respect des interests et volontés des dames qu'ils servent. »
Le roman sentimental a répondu à ces aspirations, ou s'est efforcé d'y répondre. De iSg^ à i6o5 -, on voit paraître les Chastes et délectables jardins d'amour, les Chastes Amoiu^s d'Hélène, les Chastes et heureuses amours de Clarimond et d'Anionide, — les Infortunées et chastes amours de Filirès et Isolia, les Pudiques Amours de Calistine, etc. Dans les Amours de Charitene et Amandos (iSg-), nous lisons : u Quand je mets la félicité de l'humaine vie eu l'amour, je n'entens parler du mauvais, ains de celuy, lequel avecques le cœur, ri\me et la pensée, conforte, esjouyt et vivifie le sens de l'homme et lui faict au mespris du vice suyvre le chemin et les sentiers de la verlu immortelle. C'est des traits et des feux de cette no])le et généreuse perfection que je veux monstrer deux beaux amans touchez jusques au fond du cœur... »
D'autres écrivains ^ ont voulu faire entrer le Platonisme lui-même, en doctrine, dans le roman, sous le voile du symbole. L'auteur de la Monophile (ioq")