‹ De Montaigne à VauvenarguesChapitre 30 sur 93 · I. V. 111, (j : « De la douceur envers nniis-tnesiues · texte numérisé non relu

I. V. 111, (j : « De la douceur envers nniis-tnesiues

Sales, est-elle de Montaigne, cette page où la psychologie prend une forme si pittoresque, et dont la morale est si engageante : «... Encore que la rayson veut que [nous soyons marris de nos fautes], si faut-il néanmoins que nous nous empeschions d'en avoir une desplaisance aigre et chagrine, despiteuse et cholère. En quoy font une grande faute plusieurs qui, s'estans mis en cholère, se courroucent de s'estre courroucés, entrent en chagrin de s'estre chagrinés, et ont despit de s'estre despités ; car par ce moyen ils tiennent leur cœur confît et détrempé en la cholère : et si bien il semble que la seconde cholère ruine la première, si est-ce néanmoins qu'elle sert d'ouverture et de passage pour une nouvelle cholère, à la première occasion qui s'en présentera ; outre que ces cholères, despitz et aigreurs que l'on a contre soy mesme, tendentà l'orgueil et n'ont origine que de l'amour-propre, qui se trouble et s'inquiète de nous voir imparfaitz^. » Il faut donc proscrire le souci, l'empressement, qui ne sont ni le soin ni la diligence, ne rien faire avec impétuosité. Notre âme veut être délivrée ? qu'elle attende sa délivrance de Dieu plutôt que de sa propre industrie. Qu'elle ne s'échauffe pas à la quête des moyens -. L'angoisse et la détresse sont une faute ; (( L'inquiétude est le plus grand mal qui arrive en l'âme, excepté le péché. » Pour vous délivrer « avant toutes choses, mettez votre esprit en repos et tranquillité, faites rasseoir votre jugement et votre volonté, et puis, tout bellement et doucement, pourchassez l'issue de

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