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dédaigneuse à l'égard des hommes : la glorieuse ^ qu'elle élalt ne demandait ni grâce ni amnistie ; elle t affichait bien haut son inviolable fidélité au parti vaincu. L'orgueil la tenait toujours ; c'est le confes- { seur de Port-Royal, M. Singlin, qui, selon son propre ] récit, la mit « à la vraie entrée du chemin de la vie | chrétienne », en lui découvrant ce défaut capital, • qu'elle avait ignoré : « Ce n'est pas, dit-elle, que je '. ne reconnusse bien que l'orgueil avait été le principe i de tous mes égarements ; mais je ne le croyais pas si * vivant qu'il est... » Elle est alors si effrayée de ces J plaisirs d'esprit et d'orgueil devant lesquels elle fut si faible, que, mettant dans ses scrupules la même subtilité d'analyse qu'elle avait exercée jadis sur les senti- ; menls profanes, il lui semble que la substance de son * âme en est faite ; jusque dans sa docilité à son directeur, il lui semble voir son orgueil « qui se transforme, s'il faut ainsi dire, en ange de lumière, pour avoir de quoi vivre ». Elle sentait une difficulté étrange <à se dépouiller de son moi ; elle savait qu'on lui reprochait jadis d'avoir deux humeurs très diverses, tantôt violente et emportée, tantôt lente et paresseuse, ce qui la faisait passer pour fourbe : « J'étais morte, dit-cllc, comme la mort, à tout ce qui n'était pas dans ma tète, et toute vivante aux moindres parcelles des choses qui me touchaient. » Elle reste ainsi, prompte en dégoûts, mobile, avec de « brusques sécheresses ». Elle conserve surtout dans l'analyse de son amourpropre la même curiosité d'esprit que jadis ; comme h elle a de la peine à se simplifier ! ;i
Celle qui l'attire vers Port-Royal, c'est cette même pi M*"* de Sablé qui, âgée de vingt ans de plus qu'elle, jj
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l'avait guidée ù ses premiers pas dans le monde. Elle était portée du côté des opprimés par « une fierté qui lui rendait odieuse toute tyrannie ^. » Pais « l'instinct du frrand « lui montrait dans le jansénisme « une doctrine qui, dit excellemment Cousin, fondant la sublimité de ses maximes sur le néant de la nature humaine, permettait d'unir, en toute sécurité de conscience, l'orgueil de l'élu sauvé par la grâce à la plus profonde liumilité de la personne ». Elle trouvait à Porl- Royal la candeur et la force, la magnanimité, cpi'elle avait recherchée toute sa vie. Ce même goût inné de la grandeur poussait ^i'"'^ de Schombergvers Port-Royal. Et M°'^ de Sablé aussi 2, avec « son goiit et son habitude de la distinction et de l'importance, ne pouvait se contenter de la piété commune. » — « Visant toujours au sublime -, après avoir été précieuse, elle devint une dévote raffinée.
Que l'on prenne bien garde à ce raffinement. On est assez souvent tenté d'assimiler à la préciosité la casuistique des Jésuites. On dit : de même que l'alchimie sentimentale des précieuses fini t par vola ti User l'émotion , qu'à force de chercher le fin du fin on perd le sens des passions profondes, de même en théologie morale, on prend l'habitude de distinguer à l'infini les espèces, on raffine sur les circonstances, le sens religieux s'affadit et s'exténue. Et on n'a pas de peine non plus à signalerle mauvais goût théologique •', concordant avec la manie littéraire des métaphores alambiquées, par