I.K MOI GLORIEUX a^I
pour scrupule de moralité ce qui est incertitude du succès), et que je crus pouvoir entreprendre avec honneur et sans être blâmé, je m'abandonnais à toutes mes pensées (comme elle est arbitraire cette règle d'honneur, et complaisante!) ; je rappelai tout ce que mon imagination m'avait jamais fourni de plus éclatant et de plus porportionné aux vastes desseins ; je permis à mes sens de se laisser chatouiller par le titre de chef de parti, que j'avais toujours honoré dans les vies de PhUanjue. » Voilà donc Plutarque un peu responsable d'avoir jet-^ dans la carrière des conspirations ce « Catilina en soutane ». La plupart y puisent des leçons de moralité politique. Ce romanesque y apprend à colorer de beaux prétextes, et anoblir, la rébellion civile.
Car c'est un romanesque ; en César, en Fiesque, il admire depuis longtemps le conjuré ; il se réserve, il guette 1 occasion ; il est mûr pour être un grand politique aux yeux de ces jeunes gens qui, dit encore le Grand Cyrus ^, apprenant encore à danser, prétendent pourtant être les réformateurs de la république, ou de ces femmes « qui n'ont pas seulement assez d'adresse pour se bien coiffer, — mais disent aussi hardiment leurs sentiments sur les affaires de l'Etat les plus difficiles que si elles avaient la sagesse et l'expérience de Solon ». Il peut paraître doué d'un louable esprit de suite à cet autre comte de Fiesque, appelé Pisistrate par M"^ de Scudéry, « ardent et fidèle ami r, plus ambitieux qu'il ne le pensait, mais désintéressé, épris de son repos, l'humeur changeante et jeté dans