‹ De Montaigne à VauvenarguesChapitre 56 sur 93 · Depuis un an », Luttre du 8 décembre iCj · texte numérisé non relu

Depuis un an », Luttre du 8 décembre iCj

l"e.\>e.mi du moi : pascaf, 268

et un dégoût presque insupportable de toutes les personnes qui en sont... » Et elle écrit à sa sœur, le 25 janvier i655 : « \'ers la fin de septembre dernier, il me vint voir, et à cette visite s'ouvril à moi d'une manière qui me fit pitié, en m'avouant qu'au milieu de ses occupations, qui étaient grandes..., il était de telle sorte sollicité à quitter tout cela... qu'il se trouvait détaché de toutes choses d'une telle manière qu'il ne l'avait jamais été de la sorte, ni rien d'approchant ; mais que, d'ailleurs, il était dans un si grand abandonnement du côté de Dieu, qu'il ne sentait aucun attrait de ce côté-là, qu'il s'y portait néanmoins de tout son pouvoir^ mais qu'il sentait bien que c'éta/t plus sa raison et son propre esprit qui l'excitaient à ce qu'il connaissait de meilleur, que non pas le mouvement de celui de Dieu ; et que, dans le détachement de toutes choses où il se trouvait, s'il avait les mêmes sentiments de Dieu qu'autrefois, il se croyait en état de tout entreprendre, et qu'il fallait c[u'il eut en ce temps-là d'horribles attaches pour résister aux grâces que Dieu iui faisait, et aux mouvements qu'il lui donnait. «

Voilà ce qu'enseigne à Pascal son expérience intérieure. Que disait donc Epictèle ^ : « 0 homme, vous avez une volonté qui ne peut être empêchée ni forcée de personne... Vous avez une élection qui ne peut être empêchée, contrainte, ni forcée. » Rien de plus faux. Ce qui détermine la volonté affranchie du désir, ce qui l'unit à Dieu, c'est l'amour, — hors duquel elle demeure stagnante. On peut connaître le meilleur, et être incapable de le faire ; l'amour n'est pas de même

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