I. Traduction de Jean (ioulii : Propos, I
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ordre que l'intelligence : « De tous les corps ensemble, dira plus tard Pascal, on ne saurait en faire réussir une petite pensée : cela est impossible, et d'un autre ordre. De tous les corps et esprits, on n'en saurait tirer un mouvement de vraie charité : cela est impossible, et d'un autre ordre, surnaturel. » Si cela est vrai, le mol a beau s'exalter par la contemplation des plus hautes pensées, il a beau parcourir tous les degrés de l'ascension spirituelle, disposer autour de lui les ordonnances intellectuelles les plus persuasives, tant qu'il n'aime pas la vérité, la vérité est morte pour lui ; — et pour qu'il l'aime, il faut la grâce, que la volonté la mieux surveillée, la plus tendue ne détermine pas, la grâce qu'il ne faut cepen dant pas attendre dans la paresse, la grâce qu'il fau! toujours se préparer à recevoir, mais qui donne la vie à l'âme quand il lui plaît.
Je n'ai pas à vous raconter comment elle vint à Pascal ; comment, dans la nuit du 20 novembre i654, Pascal, qui avait passé par des angoisses infinies, en une soudaine clarté intérieure vit Dieu, non celui des philosophes et des savants, mais le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jésus-Christ. Il fit l'expérience de la présence divine. Et l'un des mots qu'il écrivit alors, c'est celui-ci : « Grandeur de l'âme humaine. » C'est cette grandeur, la vraie, qu'il devait chercher dans tout le reste de sa vie, en ruinant la fausse grandeur du moi.
Le fondement de cette fausse grandeur, c'est, nous 1 avons dit, l'illusion d'être à soi-même un objet de connaissance claire. Toute la gravité de la question se manifesta dans la querelle d'Arnault avec la Sorbonne. dans le grand débat sur la grâce. Il n'y allait de rien