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LA SPIRITLALITK DE H'NELON 879
parvenir au bonheur. » Dans 1 ctaL de pur amour, l'àme n'éprouve pas le désir intéressé de la vision céleste, parce qu'à vrai dire le pur amour est par lui-même une contemplation actuelle de Dieu *. Amour délicieux, mais dont lame ne recherche pas les délices. Car ces délices naissent de la spontanéité de l'amour ; elles seraient détruites si l'amour se les proposait pour fin. Ce que Fénelon sent profondément, c'est qu'une activité n'est heureuse qu'à la condition de ne pas s'interroger sur la joie qu'elle relire d'elle-même. Celui qui cherche le bonheur le perd. Celui qui donne sa vie à une œuvre dont l'excellence attire à elle toutes ses énergies, s'oublie lui-même et recueille comme un don inespéré touteslesjoiesqui naissent sur son chemin. Désiret-il ces joies, se demande-t-il s'il les gardera, s'il saura les retrouver : le voilà inquiet, malheureux, atteint d'une sorte d'avarice spirituelle, qui le rend incapable de goûter son bonheur. Ce sont là des vérités que tout le monde peut trouver sans s'élever aux spéculations des mystiques. C'est qu'à vrai dire il n y a pas loin de la vérité intérieure à la vérité familière. Fénelon (lui-même en aurait convenu) se donne beaucoup de peine pour traduire en langage théologique ce qu'une âme simplement animée de la bonne volonté de vivre trouve dans la vie quotidienne, ce qu'elle possède d'autant plus sûrement qu'elle ne croit pas l'avoir trouvé, qu'elle le goûte sans réflexion, dans 1 is:norance de soi-même.