‹ De Montaigne à VauvenarguesChapitre 83 sur 93 · I. Parturier, lieoue de la ftenaissance, art. cité p. a · texte numérisé non relu

I. Parturier, lieoue de la ftenaissance, art. cité p. a

LA Sl-lKirtALITi; DE F£>ELO.N 385

dirait, sans quitter le sens Fénelonien : il vous manque l'instinct du fond ; laissez-vous prendre par le courant vital auquel vous rér'stez ; perdez conscience des délicatesses que vous croyez être le tout de vous-même ; regardez en avant ; vous vivrez conformément au sens divin dès que s'éteindra ce sens exalté de votre être qui vous rend si douloureux les heurts de la réalité. Vous ne goûterez pas la volupté d'être en harmonie avec toutes choses; — si vous la sentez, ce ne sera que par de fuyantes intuitions ; — mais vous ne souffrirez plus d'une discordance avec vous-même ou avec les choses. Il n'y a point de vie sans un acte de foi ; et par cela même que nous nous laissons emporter par le mouvement de la vie générale, en nous évitant nous-mêmes, nous sommes plus près du divin, dont notre activité, en ce qu'elle a de meilleur, n'est qu'un inslant.

Fénelon n'aurait pas été si aimé des préromantiques, d'une M™* de Staël, d'un Benjamin Constant, s'ils n'avaient pas vu dans sa doctrine un refuge de douceur, sans doute, mais aussi une source de force. Il me semble que cette source est toujours aussi vive, et r{uc les sources où l'on va puiser maintenant s'alimentent à la même nappe profonde.

Après lui, il faut aller jusqu'à Vauvenargucs pour trouver un tempérament moral original. Yauvenargues est très intéressant par le parti qu'il a su tirer, en un temps où on les négligeait, de toutes les doctrines de culture que j'ai étudiées. Aussi, en vous racontant sa vie intérieure, pourrai-je conclure sur le legs spirituel que le xvu^ siècle transmettait au xvnf.

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