I. V. le portrait fie Tnrnns
LAME SELON VAU VENARGLES 4ll
grand dépit de Cousin, Obennann ? Celui-là n'eut pas le courage de vivre ; il se tua ^. On trouve, dans la Revue de Paris de juin i83o, un très joli portrait de lui, parun homme d'action, Armand Carrel ; mais vous allez voir tout de suite que la faiblesse de cet esprit était précisément de se livrer pour détenir la confidence des autres, ce que ne faisait jamais Vauvenargues : les analogies vont faire ressortir les dissemblances : « Toute conversation avec lui tournait vite en épanchement...Doué au plus haut degré de la faculté [de s'analyser] il se divulguait on ne peut plus volontiers. Il aimait à parler de ce qu'il y avait de bon et de mauvais en lui, à s'avouer faible, indolent, capricieux, dépourvu de suite... On cédait à la bonhomie charmante avec laquelle il s'exposait ainsi, et on se laissait aller avec lui à des assauts de liberté d'esprit, au bout desquels on s'étonnait d'avoir à lui demander le secret sur des aveux d amour-propre ou de conscience... Il était ainsi sur le pied de l'intimité avec nombre de personnes qui n'avaient d'intimes amis que lui, et dont il avait surpris le secret en le payant du sien, qu'il semblait toujours laisser échapper pour la première fois. Il savait l'histoire cachée, le roman de chacun... Il mettait, à soutenir ce rôle si facile à user et à discréditer, un art de paraître toujours naïf, toujours ingénu, toujours attrayantet digne de confiance, qui, appliqué d'une manière plus sérieuse, eût montré en lui l'homme véritablement supérieur ».
Sautelet avait le mal de l'analyse. Vauvenargues était une âme parfaitement saine, forte, et qui se vou-