‹ De Montréal à Jérusalem [microforme]Chapitre 101 sur 119 · PARABOLE DU VIN · texte numérisé non relu

PARABOLE DU VIN

Neque mittunt vinum novumin utres veteres,

MaATTHIEU, 1X, 17.

Et nemo mittit vinum novumin

utres veteres.

Luc, v, 37.

Dans le couvent latin jetant l’ombre au saint lieu J'ai vu loutre nommée au livre de Matthieu.

0 douceur des regards de Jésus sur le monde!

Dans la sérénité qui lemplit et l’inonde

Il touche et sacre tout, et la vigne et le blé,

Le figuier, l'olivier, le lis immaculé,

Les fleurs, habillement de la terre qu'il aime, La terre ouverte au sang. Sa parole elle-même Aime à s’envelopper, pour luire à nos esprits,

De symboles qu’un scribe eût tenus en mépris. Ainsi prodiguait-il aux simples ses merveilles :

Le vin nouveau n’est pas mis dans des outres vieilles, Car, la peau se rompant, le vin serait perdu

Et loutre aurait le sort de ce vin répandu.

Le vin de l’an est mis dans loutre de l’année; L’outre pleine vieillit, et quand l’heure est donnée Aux convives, celui qui boit de ce vin vieux

Le préfère au nouveau, l’outre ayant valu mieux.

Nazareth, 3 octobre 1668.

Page 1