‹ De Montréal à Jérusalem [microforme]Chapitre 105 sur 119 · RENCONTRE AUX PUITS DE TYR · texte numérisé non relu

RENCONTRE AUX PUITS DE TYR

Sous les vasques de Tyr, au pays d’Astarté,

S’enfonce un recoin frais, ombre dans la clarté.

Etant environné de verdure pendante

Et de murs ruinés dont le sommet s’édente.

La chute, en ce recoin, poursuivant son chemin,

Ÿ forme un petit lac pas plus grand que la main,

Dont l’eau s’épanche et court à deux pas doubler l'angle Qui contrarie à l'ouest sa sortie et l'étrange.

Nous, marchant sur le haut du réservoir désert

Et regardant tomber et fuir l’eau qui se perd,

Nous dominons la cour en cette ombre assoupie. Au bord du petit lac une femme accroupie, Brune et laissant briller son dos de bronze clair Dans la discrétion des vieux murs et de l'air. Nue, et posée ainsi qu’une Vénus du Louvre”, Inonde de sa main qu’elle ferme et qu’elle ouvre Ses longs cheveux tordus, dignes de Phidias, Ramenés par-dessus l'épaule, entre ses bras.

Elle nous semble ainsi, la brune Tvyrienne,

Belle à faire plonger d’envie une sirène,

Une apparition, peureuse du grand jour,

De ces temps où sur l’eau Vénus marchait vers Sour.

Ras El-Aïn, 6 octobre 1868.

* La Vénus accroupie estau “. vio Clementino à Rome, maisil y en a bien une copie au Louvre.

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