ENTRE TYR ET SIDON
Mystères irritants, secret du premier culte
Qu’aux puissances, ses dieux, a rendu l'homme inculte Vaste inconnu des temps couverts, dans le lointain, D'une nuit qui s’allonge et n’a pas de matin,
Inconnu de Sidon, inconnu de l'Egypte,
Vous dormez comme dort l'ombre dans une crypte, Entre Knepf et Moloch, et pâle est le flambeau
Qui parfois fait lever les dieux de leur tombeau.
Vainement aujourd'hui nous gravissons la pente Du sentier sablonneux qui dans les rocs serpente Vers ton temple creusé dans le mont écarté, Astaroth Uranie, Aphrodite Astarté.
Ton sanctuaire est nu, désert ; à peine un signe, Un emblème; parfois un seul trait, une ligne,
Un mot, A’2222t7r, qu’un couteau grec traça Quand de Sidon à Tyr Alexandre passa ;
Et puis rien autre chose.
O mère des Cabires, Des grands dieux sidéraux protecteurs des navires, Tu gardes ton secret, ayant fermé les yeux, Toi-mème, aux fils brillants dont tu peuplasles cieux. Déesse qui portais sur ton sein les étoiles, Tu souffres maintenant les ténèbres pour voiles; Ton peuple a disparu, ton culte est oublié, Et cette mer qui vit, comme un vol éployé D'oiseaux blancs, s’élancer vers les rives lointaines Tant de nefs que chargeaient les pourpres tyriennes, Maintenant est déserte et flotte sur ses bords Comme le bleu linceul qui couvre des dieux morts.
Adloun, 7 octobre 1868.
XLIIT