‹ De Montréal à Jérusalem [microforme]Chapitre 109 sur 119 · AU LIBAN · texte numérisé non relu

AU LIBAN

Liban, le chant des rois et la voix des prophètes Ont dans les temps sacrés fait ta gloire ; Juda Enviait tes hauteurs en célébrant ses fêtes

Et Salomon taillait ton bois sur Morija.

Bonheur à toil tu vis de la vie immortelle

Que le rhythme et lalyre ont donnée aux sommets. Carmel, Olympe, Ida, dont la lumière est telle Qu’elle éclaire d’en haut le monde désormais.

0 blanchâtre Liban, flancs nus, crêtes arides, Vous vivrez pour toujours dans l'admiration

Tant qu'au front des vieillards se creuseront des rides, Tant qu’un chant de David volera sur Sion.

Vous avez pour torrents le psaume et le cantique, Et pour ombrage, au lieu des cèdres, les respects Que rend l'Occident jeune à l'Orient antique,

Et l'esprit, non les yeux, s’enivre en vos aspects.

Oh! combien sous le ciel de notre tiède Europe Sont différents les monts vêtus d'ombre, irrigués D'eaux vives que la nue irisée enveloppe,

Pleins de lacs, pleins d’éclat, grands, austères et gais!

D'ici je vous revois verdir, à Pyrénées ;

La cascade sur vous blanchit de choc en choc ; Dans vos gaves bruyants les couleurs entraînées Changent selon le ciel et le sable et le roc,

Et l'oiseau dans vos bois, rideaux des précipices, Chante, prophète ailé, disant : Le monde est beau ! Le jour est bon, vivez dans ces heures propices

Et sous ce doux soleil, foyer, âme et flambeau !.…

Cependant au delà des mers, le Liban pâle

Malgré ses vins, honneur de son flanc décharné, Dit: Gloire au monde jeune où tout fleurit sans hâle: Et, contemplant nos monts, se sent découronné.

Beyrouth, 9 octobre 1368,

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