‹ De Montréal à Jérusalem [microforme]Chapitre 117 sur 119 · SOUVENIR DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOUVENIR DE FRANCE

Les animaux des champs crient parce que les ruisseaux sont desséchés, et que le feu a dévoré les pâturages du désert,

Joe, I, 20.

Sur cette terre sèche, altérée et qui crie

Vers le ciel, implorant la rosée et Ja pluie,

Je songe aux climats doux que tempèrent les eaux Courantes, le nuage et les bois, ces réseaux

" Cette pièce devait se trouver entre La Fontaine d'Éli- Sée, et Méditation entendue à travers un mur de couvent.

Hauts et lourds, suspendant la fraîcheur prisonnière Sur l'herbe que l'été garde encor printanière. Tandis que je chevauche en ces aridités,

J'entends sous d’autres rocs les gaves irrités, Bleuissants, blanchissants, l'arc-en-ciel sur l’écume, Et combien belle alors m’apparaît, sous sa brume, Notre France partout découpée en jardin!

Combien frais et vivant le Scardon, mon Jourdain !

De Jéricho à Jérusalem, 20 septembre 1868.

TL

LE VIEUX CHÉNE *

Au pied du Mont Thabor, du côté qui regarde Nazareth, en montant de la plaine qui garde

Un reste de verdure en cette aridité

Des monts galiléens dévorés par l’été, Nousrencontronsun chêneau riche et largeombrage, Fort et qui doit pourtant tomber avant notre âge, L'homme inepte l'ayant déjà frappé de mort.

Il porte au cœur la plaie horrible qui le mord

* Cette pièce devait se trouver entre EN MARCHE et EN TRAVERSANT LA (FALILÉE.

Et qui boira sa séve, et qui, SOUS SON écorce, Tarira le torrent de la vie, et la force

Et la luxuriance et les jaillissements

Des fouilles, fraicheur, ombre, abri, frissonnements, Feute sans prix. offerte au passant, quand l'écrase Le poids des lourds soleils sur la campagne rase. Des hommes qui rendraient plus désert le désert Ont adossé la flamme au tronc de l'arbre vert,

Et la flamme a creusé l'arbre en caverne, et Fantre A rongé, noir cancer, le vieux tronc jusqu'au centre. Et l'ombre va sécher dans les bras dépouillés,

Et l'arbre va mourir sur les rochers rouillés.

Tuer Farbre, Fabri, l'ombre tombant des voûtes Verdoyantes, voi l'œuvre impie entre toutes,

Impie envers la terre, envers l'homme, envers Dieu Dont nous pervertissons les dons, esprit où feu.

30 septembre ISG68.

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