LA. FLORE DU COLISÉE
Sur le sol où le sang coulait des chairs ouvertes, Sur les gradins témoins de tant de morts souffertes, Poussent de petits brins d'herbe portant des fleurs. Aux mêmeslieux,sans voix, l’effroiséchant les pleurs Des femmes ont senti la morsure des bêtes,
Les gladiateurs morts ont renversé leurs têtes ; Au sang des animaux par la lutte anobli L'homme à mêlé le sien, saint s’il n’est avili,
Et de la rouge averse, ondée aux larges gouttes, Ces fleurs du Colisée ont pris naissance toutes. Innombrables aussi sont-elles ; celle-ci
Dont le parfum est doux et l'éclat adouci
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Est le sang d’un martyr; cette autre qui se dresse Comme un cri ce colère, ardente et vengeresse, Est le sang d’un Germain à tuer condamné ; Cette farouche vient du sang d’un lion, né
Dans les sables d'Afrique ; et voilà toutes vives Les dix mille qu’un jour tira des veines juives, Pour joindre le supplice à la proscription,
Titus, clément vainqueur du Temple et de Sion.
Décembre 1865.
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