LYDDA
Le temple était détruit ; le chandelier et l'arche Triés dans le butin avaient orné la marche
De Titus triomphant ; toute une légion
Campe où l’autel saignait; mais la religion
Du Sinaï résiste en la terre sacrée.
Tandis que du Darom jusque dans la Pérée L'aventure éloquente erre avec l’agada,
La science a trouvé son refuge en Lydda.
Porteurs des textes saints, sauveurs des commentaires, Ici les grands rabbins, restés dépositaires
De l'avenir frappé par Rome dans Sion,
Ont abrité le Livre et la tradition.
Après dix-huit cents ans, à l’angle de ces rues Etroites, celles-là mêmes qu'ont parcourues
Les exilés du temple, il me semble encor voir Tous les pieux docteurs, fidèles au devoir,
Les doigts unis, les yeux sur leurs barbes austères, Se rendant au bèt-din avec leurs phylactères, Eliézer, José, Gamliel, Akiba
Et Tarphon qu'aux pitiés l'âge blanchi courba.
9 septembre 1868,