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EN TRAVERSANT LA GALILÉE

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et je vous soulagerai.

Prenez mon jougsur vous et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le - pos de vos âmes : car mon joug es oux et mon fardeau est léger.

Maï1 IEU,xI, 28 à 30.

Nous marchons touspliés sous des fardeaux énormes; Ces poids, jougs de notre âme, empruntent mille formes Et diffèrent sur nous suivant nos passions :

Ici c’est la lourdeur de nos ambitions

Que nous trainons en vain, lasses et haletantes.

Au pied d’une montagne aux cimes éclatantes;

Là, c’est l'amour de l’or qui réduit tout au marc

Et pèse dans nos cœurs les sacs du cauchemar ; Pour lun c’est le désir chargé d’inquiétudes,

Pour l’autre le regret, ce poids des solitudes : L'envie abaisse Pun, l’autre porte l'orgueil,

Deux démons qui tous deux poussent au même écueil, Le premier en rampant, le second haut la tête.

Il n’est pas de douleurs que ce joug ne revête : Tantôt c’est le souci de nos attachements,

Hontes, indignités, querelles, faux serments ; Tantôt c’est le remords qui ramène en arrière L'âme sans foi qui voit se fermer la carrière

Et qui dans l'avenir sans expiation

N’attend que désespoir et désolation ;

Tantôt enfin ce sont jusqu’à ces espérances

Qui, choisissant pour but les vaines apparences,

O misère inventive à fausser toute loi !

Prennent un feu des eaux pour l'éclat pur en soi. Tous ces jougs dont la chaine en douleurs est féconde Pèsent sur notre cœur de tous les poids du monde. Oh ! quand le voyageur errant hors du chemin

Ne sent plus sous son pied, ne sent plus sous sa main. Sur le roc escarpé qui pend en précipice

Une racine d'arbre, un brin d'herbe propice ;

Quand, prêt à se laisser glisser, de désespoir.

ORIINT. 267

De cet abime au fond d'un abime plus noir,

Ia fermé les veux sous le poids qui Fentraine, Quel soutien, quel secours, dans la voix souveraine Qui dit: Venez à moi, vous tous soutfrants et las, Vous qu’accable le faix des misères d’en bas,

de vous soulazerai; dépouillez la faiblesse

Qui rend lourd à vos cœurs le fardeau qui vous blesse: Le repos est en moi; prenez mon joug sur vous, Car mon joug est léger et mes fardeaux sont doux !

Tibériade, 1er octobre 186.

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