‹ De neuf heures à minuitChapitre 20 sur 23 · BOG. 3(M · texte numérisé non relu

BOG. 3(M

Et, si Foil s'etonne de ce que le nom de Lucy n'eut pas ete deja prononce entre ces trois personnes qui Tavaient toujours au bout des l^vres, c'est que, depuis un an, le docleur avait fait jurer a mistress Philipps, sous peine de ne plus le voir revenir chez elle, qu'elle ne nommerait plus son enfant ; car il suffisait de ce nom pour eyeiller des crises nerveuses sans fin, et des prostrations de force a mourir. La mere n'en pariait plus qu'a Dieu; celui qui ne se lasse jamais d'entendre les meres.

— Docteur, dit-elle, en affectant un air joyeux, j'ai une grace a vous demander.

Elle saisit sa bonne et grosse main.

Et celui-ei eut Foccasion de poser sans affectation son pouce sur I'artere de mistress Philipps.

— Si vous etiez une autre malade, je saurais, madame, ce que cela veut dire. Vous me demanderiez la permission, de manger une aile de poulet...

Sarah se levait deja pour descendre a Toffice.

— Mais Yous, quel desir pouvez-vous former, (jue je ne soispr^t a le remplir?

— Me promettez-vous d'accorder cette grace?

— Amen! parlez.

Et il fermait les yeux en ecoutant la malade. C'est Tartere qu'il ecoutait. Averti par d'etranges pulsations, il se pencha brusquement sur le visage de mistress Philipps. • — Je ne serais pas f^chee de consulter un ami de la religion, notre excellent pasteur, par exemple, M. Burney. Ne me grondez pas, docteur.

— 11 est bien tard, pensa-t-il. Mais il repliqua :

— Moi, vousgronder! quelle idee! M'y opposer!

— Je sais que je ne suis pas tres-mal, je le sais; mais, je vous Tassure, ce n'est qu une simple precaution.

Et elle se sentait mourir ; elle voulait tromper le docteur.

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