‹ De nos besoins intellectuels [microforme]Chapitre 3 sur 8 · CE QU'IL VOUS EN COUTE EN VOUS PRIVA..T D'UN RENFREW · texte numérisé non relu

CE QU'IL VOUS EN COUTE EN VOUS PRIVA..T D'UN RENFREW

“Vendre la crème aux prix d'aujourd'hui est comme vendre de l'or d'une mine sur votre ferme, Imaginez-vous done le propriétaire de riches quartz d'or eXtrayant l'or avee une machine choisie pour son bon marché!

“Un homme choisit un séparateur à erème pour son bas prix. Bientôt le bol branle, les engrenages se disloquent. Les femmes se plaignent que le boï est haut, que le nottoyage est fatiguant et que la machine est dure à faire marcher.

‘“‘Sauvez-vous cette expérience coûteuse en examinant le ;

Renfrew.’

Le peuple de nos mpagnes aime à lire; depuis quelques années surtout, il s'intéresse très ac: vement à tous les problèmes d'économie rurale, Dans 85,000 foyers, la prose que je viens de citer sera lue ligne par ligne, mot par mot. Réfléchissez seulement

u'il y en a comme cela vingt-quatre pages de 10 pouces x 14. Le journal en question présente aujourd'hui ou lecteur une rédaction variée et intéressante: il pourrait être chez nous un puissant auxiliaire de la p: ite école française, Il enseigne aux cultivateurs à mieux travaille, à gagner honnêtement plus d'argent, plus de bien-être, et c'est tant mieux Pour eux et pour la race. Croyezvous qu'il leur enseigne également à parler français ?

Un coup d'œil sur les quotidiens vous con vainera que la rédaction ordinaire de la réclame n'y diffère nullement de celle de nos enseignes, C'est le même dévergondage dans les mots, la même imprécision dans la pensée, le même mélange inintelligible de français et d'anglais en des phrases qui n'ont au demeurant rien de l'un ou de l’autre, Au moins, le texte courant, la ‘matière à lire”, — plût à Dieu que l’autre ne fût pas à lire! — diffère-t-elle sensiblement de la réclame ? Nous allons, si vous le voulez, en faire l'épreuve tous ensemble

Je vous entends dire: “Un journaliste épluche ses conf! Dans dix, douze, vingt, trente pages de prose remplies hâtivement, à la pelle, il trouve, en cherchant bien, quelques lignes de mauvais français! La belle affaire!

Si cela vous agrée, nous analyserons brièvement dix ou vingt lignes prises au hasard en tête de la première page d'informations, dans toutes les feuilles d'une même date — disons mardi 16 décembre — d'une même ville que nous supposerons être Montréal.

Grosse nouvelle dans la Terre ancestrale, “LE SALAIRE DES EMPLOYES CIVILS — IL DONNERA LIEU A UX GROS DEBAT À LA LEGISLATURE."” Et au-dessous, solitaires, pour faire à la manchette un beau pendentif, ces deux mots: ‘Les députés.”’

Un gros «débat, dit le correspondant québecquois du journal, aura lieu au cours de la présente session concernant le salaire des employés civils. Tout d'abord un bill sera présenté

à ce sujet comme mesure du gouvernement par l'hon, Ti chereau.

“Législature"” veut surtout dire la durée d'un parlement, Les ‘employés civils” sont, en français, des fonctinnnaires ou des employés publics; ils touchent un traitement où des appointements et non un “salaire”, Un “hill” pourrait sans inconvénient s'appeler un projet de loi. “Mesure du gouvernement" pour projet ministériel dépasse vraiment toute. mesure. A part cela, dans ce cinq lignes, tout est très bien,

De ses doigts de roses l'Aurore écrit à propos d'une démission politique retentissante:

Rien n'a transpiré parmi ceux qui sont en plus intime rapport avec le premier ministre pour savoir quand le premier ministre annoncerait officiellement sa démission. Mais, comme Sir Robert Borden n'a pas nié le rapport de sa retraite, on considère sa démission comme certaine, puisque son silence est la confirmation de son départ.

Et à propos des affaires italiennes, en manchette: CAVIGLIA N'A PAS RECU L'ORDRE D'ETRE COM- MANDANT DE FIUME.

Cette pauvre langue maternelle, sans lui manquer de respect, on peut bien dire qu'elle en prend pour son rhume.

Dans le Vouloir, journal mieux réputé que la moyenne, nous lisons en tête des deux premières colonnes, à propos d’un Congrès intermunicipal qu'on appelle le “Congrès des municipalités”:

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