‹ De Paris a AgenChapitre 100 sur 154 · LIMOGES. — ÉDIFICES CIVILS · texte numérisé non relu

LIMOGES. — ÉDIFICES CIVILS

sert aujourd'hui de mur extérieur, porte la date de 1 609 et les armoiries de Jeanne de Verthamond.

A droite, en sortant du séminaire par la grande porte, se remarque une ancienne colonne milliaire, plantée dans le pavé. Tout près, en tournant derrière la chapelle du séminaire, vers le milieu de la rue Domnolet, un linteau de sculpture romane, au-dessus d'une porte d'écurie, indique l'entrée de l'ancienne église détruite, dont la rue porte le nom. Une prétendue épée du saint, arme qui date en réalité du xiv e siècle, se conserve à la cathédrale et figure encore dans les processions de la paroisse aux mains du marguillier d'honneur.

Édifices civils.

La préfecture est installée dans l'hôtel de l'Intendance, sur l'emplacement de l'ancien palais du Breuil, où logèrent de passage Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret (1556), Henri IV (1605) et Louis XIII (1632). Jeanne d'Albret à son retour, en 1564, y fit même tenir prêche devant elle dans la chaire de l'église Saint- Martial qu'elle y avait fait transporter. Le palais actuel , commencé par l'intendant Pajot de Marcheval, fut terminé par son successeur Turgot. En 1785, la partie où sont actuellement les bureaux fut reconstruite. Le corps de bâtiment qui ouvre sur le jardin a été rebâti en 1845. Il contient les salles de réception. Dans le jardin est déposé un sphinx romain en granit. L'insuffisance de l'édifice est depuis longtemps reconnue, sans que les constructions voisines, qui l'enserrent, en permettent l'agrandissement. Après de nombreuses enquêtes et des délibérations prolongées il a été décidé qu'il serait reconstruit et déplacé. Dans sa séance du 29 juillet 1864, le conseil municipal a cédé au département pour cette destination unepartie'de la place d'Orsay et voté 200 000 francs pour sa part dans les frais de la construction nouvelle. En même temps il acquérait du département l'hôtel actuel de la Préfecture et l'ancien Palais de justice pour isoler par leur démolition l'église Saint-Michel. Le conseil général, convoqué à son tour dans une session spéciale, le 9 janvier 1865, a ratifié ces engagements, approuvé les plans, déterminé les devis. Le nouvel édifice doit être bâti en granit et comprendre un prin-

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cipal corps de bâtiment au centre avec pavillons aux extrémités. Une galerie àbalustre de 9 mètres de saillie dominera tout l'étage inférieur. A droite se trouvera l'entrée principale ; à gauche, les services publics, les archives, la télégraphie; sur l'autre face, de vastes jardins. La dépense approximative est évaluée à près d'un million. Les travaux ne sont pas commencés.

La mairie, autrefois logée au centre de la ville, dans la rue du Consulat, occupe depuis 1803 les bâtiments du prieuré de Saint- Gèraldy dont l'église couvrait la partie S. de la place actuelle. C'est une simple maison, tout au plus une caserne, dont l'aspect extérieur n'est pas digne de Limoges. La reconstruction sur le môme emplacement vient d'en être décidée. (21 décembre 1865.)

Un pavillon formant annexe y réunit actuellement les justices de paix.

Le palais de justice, sur la place Daisne, est une construction assez bizarre précédée d'un portique grec. La salle des Pas-Perdus, semblable à un atrium de villa romaine, s'allonge en parallélogramme régulier entouré de 18 colonnes, qui supportent d'élégants couloirs formant galeries. L'installation des divers services date du 2 novembre 1846. En 1864, le fronton a été décoré des attributs de la Justice par le sculpteur Ferras, de Limoges.

La salle de spectacle a été construite d'après les plans de M. Boulé, sur l'emplacement de l'ancienne abbaye de Saint-Martial, en 1838, et inaugurée en 1840. On eut le tort de vouloir utiliser les anciennes constructions dans l'édifice nouveau, qu'il fallut reprendre bientôt en sous-œuvre. L'annexe de droite contient les magnifiques salons de la Société philharmonique. On reprochait à la salle son emplacement, ses mauvaises dispositions, le manque de sonorité de la scène. Une restauration entreprise en 1863 a remédié à ces vices du plau primitif avec intelligence, mais incomplètement, comme le peut seulement une restauration.

La succursale de la Banque de France a établi ses bureaux sur le boulevard de la Pyramide, dans l'hôtel construit en 1788 par M. Naurissard, directeur de la Monnaie. Ses vastes jardins en faisaient un admirable séjour, et, malgré leur destruction presque complète, l'hôtel est resté encore la plus belle habitation de Limoges. La Banque Fa acquis en 1849. Deux pavillons symétriques,

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