LIMOGES.— ST-MICHEL DES LIONS. — STE-MARIE
diesse et de légèreté. Le portail du N. offre des ogives flamboyantes du xv e s. Il est question d'ouvrir une entrée monumentale sur la rue des Fossés. De belles sculptures modernes de Nalbert décorent la duipelle de la Vierge. A l'extrémité E. du collatéral N. y quelques restes de remarquables vitraux représentent, dans un quatrefeuilles, les quatre Evangélistes ; au-dessous, Saint Ijéonard et saint Michel; au-dessus de l'aulel de Saint- Martial, la Vie de saint Jean-Baptiste en quinze panneaux et comme pendant, à la droite du chœur, au-dessus de l'autel de Saint-Loup, la Vie de la Vierge, autrefois en vingt et un tableaux dont quinze seulement ont été conservés. Les verrières des chapelles du transsept sont modernes et signées de Tnévenot, de Glermont (1850). La chapelle de droite possède de plus deux toiles, la Salutation angélique et V Assomption de la Vierge, remarquables d'expression. Une autre chapelle, à droite de l'entrée, montre, avec une ridicule statue de saint Léonard, barbu et couronné d'une triple couronne de roses blanches, des fresques d'une louche facile et sans prétention, signées : À. Régis. 1859. D'autres, dans la chapelle latérale de g. près du chœur, signées Langlois, quoique modernes, sont déjà à demi ruinées et n'ont d'ailleurs de remarquable que leur naïveté..
Sainte-Marie, troisième paroisse de la ville, que l'on rencontre à droite, en descendant de la Mairie au pont Neuf, est l'ancienne église des Jacobins (62 mètres 30 centimètres de longueur sur 20 mètres 70 centimètres de largeur), placée d'abord après l'expulsion des religieux sous le vocable de saint Thomas d'Aquin, puis transformée en magasin à fourrages et en atelier de fonte et d'outils de monnayage. La première pierre en fut posée le 2 avril 12kl ; on y célébra la première messe en 1250. Le clocher, qui n'a jamais eu une grande élévation, est de construction récente. Cette église n'offre d'ailleurs d'intéressant qu'un beau tableau de la Présentation, — la Vierge surtout, vêtue de bleu, à genoux, les yeux baissés, les mains jointes, est d'une admirable expression de pureté, — et le maître-autel, provenant du séminaire des Ordinants, et que surmonte une assez belle toile, mais mal éclairée : le Sacrifice d'Abraham. On souffre d'autant plus de rencontrer, à côté de ces deux œuvres remarquables, une puérile Scène du Purgatoire, où des âmes nues d'hommes et de
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femmes rôtissent dans des flammes rouges sang-de-bœuf, qui ne peuvent épouvanter que les gens de goût.
Les bâtiments du couvent servent à la manutention militaire, et dans une partie des jardins a été édifié le manège couvert. La place des Jacobins, qui borde l'église au nord, semble avoir été le centre d'un groupe de monuments antiques. Le nivellement du sol y a fait découvrir en 18d3 un immense parquet enduit d'une ' éclatante et solide couleur rouge, — 1 dont une partie est restée recouverte par le jardin des filles de Notre-Dame, — une série de petits appartements divisés par des couloirs, la base d'une tour, des marbres, des fragments d'amphores, des bustes de terre blanche, vernie et quantité de vases de terre rouge, décorés de figures de divinités et d'animaux, de fleurs et de feuillages.
Saint-Aurélien est le seul édifice religieux qu'ait épargné la Révolution, grâce à la dévotion particulière des bouchers. Elle formait une annexe de l'église paroissiale de Saint-Cessateur ou Saint-Cessaire, dont il ne subsiste plus qu'une antique crypte. Saint-Aurélien occupe le fond d'une petite place située vers le milieu de la rue Torte, aujourd'hui rue de la Boucherie. L'extérieur en est moderne. L'édifice, dans son ensemble, a été bâti en 1V75. La flèche hardie qu'il portait a été remplacée au xvn° siècle par un lourd et vulgaire clocher. Devant la porte, à gauche, se remarque une belle croix du xv e siècle, haute de 5 mètres et taillée dans un seul bloc de granit. Elle a été apportée là des Grands- Carmes, lors de la dévastation de l'église, en 1795. La traverse et le sommet en sont ornementés de fleurons et de délicats feuillages, tandis que le long de la hampe s'échelonnent les images des douze apôtres sculptés deux à deux avec leurs attributs divers ét peints de bleu et de rouge. Chaque groupe est couronné d'un dais gothique enluminé d'or. Toute la chapelle est elle-même resplendissante d'or et d'argent. Deux colonnes torses flanquent l'autel, qui garde à sa droite les bustes de saint Cessateur et de sainte Valérie. Près de l'entrée, à gauche, un très-ancien baptistère sert de tronc; au-dessus est affichée dans un cadre la liste (1811- 1836) des chefs de la corporation des bouchers, dont la confrérie enrichit l'église.
Saint- Maurice, qui s'appuie sur les murs de la cité, à 80 pas
peine de la cathédrale, a pris sa part des dangers de cette belliqueuse situation. Incendiée en 1105, elle fut à peu près détruite en 1182. Son portail ogival avec chapiteaux à crochets date pourtant de la fin du xn° siècle. La fenêtre qui le surmonte est une restauration du xvi e siècle. Au commencement du xvm e s., plusieurs tombes romaines, dont une transformée en croix orna quelque temps la porte du curé, furent trouvées dans le jardin du presbytère. L'église, vendue en 1791 et occupée par un atelier de charronnage, a été rachetée en 1836 et rendue au culte par les Carmélites.
En descendant de Saint- Étienne, à droite, à l'angle du boulevard de la Corderie, se trouve la chapelle Notre-Dame de la Préservation, petit édifice du style romano-gothique, édifié en 1862 aux frais de la ville pour le règlement de compte d'une indemnité due aux sœurs de la Providence. — A gauche s'élève la maison des Missionnaires, qui fait face au couvent des Dames Clarisses; tout près de là, dans la rue des Alloix, les restes de l'abbaye et de l'église de ce nom; et, près du pont Saint-Martial, au fond d'une place, l'église gothique de Sainte- Félicité, qui sert d'habitation à une tribu d'artisans.
Sur la nouvelle route d'Aixe, la chapelle du Refuge (10 mètres 25de largeur sur 20 mètres de longueur), construite en 1862 par M. Fayette fils, offre une façade en beau granit de Faneix, avec un clocher de 8 mètres 80 de hauteur; à l'intérieur, des vitraux de Thévenot et un tableau de la Charité par Gardel, de Limoges.
Enfin la tradition du culte de saint Martial, particulièrement chère aux Limousins, a été récemment renouvelée par la consécration d'une jolie et coquette église, installée sur la route d'Angoulême (6 kil.) à la cime du coteau, au milieu de la verdure. Un portail à voussure et à colonnettes gothiques d'un bon style, surmonté d'un clocher haut de 15 mètres, donne entrée dans une seule nef (7 mètres sur 26) que bordent deux chapelles latérales. Commencée en 1853, l'église a été consacrée le 24 septembre 1858.
L'ancien séminaire de la Mission sert d'habitation aux sœurs de Saint-Alexis. Véylise, enclavée dans les bâtiments de l'hospice, possède un retable remarquable du sculpteur Bellet, mort à Limoges en 1745, et trois curieux reliquaires, dont un, du xm« siècle,
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représente un ange dans un quatrefeuilles, tout couvert de -cabochons à face opposée. Un autre, en émail, est surmonté de statuettes de la Vierge et de saint Jean ; le troisième est un calice à émaux, daté de 1565.
La Visitation est installée dans le très- ancien couvent des Petits-Carmes, où se tinrent pendant la Révolution les assemblées primaires. Ce couvent fut transformé sous l'Empire en pensionnat de demoiselles, destination qu'il a gardée.
Une même pensée a fait construire pour le môme but le monastère des filles de Notre-Dame, rue des Quatre-Chemins, en face de l'hospice . Ce vaste et bel édifice a été inauguré le 14 octobre 1856, après deux années de travaux dirigés par M. Fayette.
L'évêché, commencé le 13 mars 1766 par l'évôque d'Argentré, sur les plans de l'architecte de Broussaud, ne fût terminé qu'en 1787, La démolition de l'ancien palais épiscopal fit découvrir plusieurs tombeaux antiques décorés de sculptures d'un beau travail, mais d'une obscénité si révoltante, dit-on, qu'elle en nécessita la destruction. Le corps principal, à deux ét*>ges, est accosté de deux ailes de môme hauteur. Le style grandiose de l'architecture et la situation de l'édifice, au milieu de jardins et sur un étagement de terrasses superposées, d'où la vue plonge au-dessus du pont Neuf jusqu'aux confins de la vallée, en font un des palais épiscopaux les plus enviés de France.
Le séminaire se relie vers l'E. à Tévêché et échelonne, comme lui, ses terrasses verdoyantes le long du quai jusqu'aux abords du pont Saint-Étienne. Ses trois corps de logis couvrent l'emplacement de l'antique abbaye de la Règle, célèbre déjà au vm e siècle, s'il faut en croire, sans autre examen, ses chartes de donation. Vendue à un entrepreneur de vivres, puis transformée pendant quelques années en maison de détention, elle fut définitivement cédée à l'évêque pour l'installation du séminaire qui n'y a laissé subsister que les appartements de Pabbesse. L'église est détruite. Des sculptures du portail, dont les trois voussures concentriques offraient, dans un zodiaque en relief, les travaux des douze mois de l'année, une partie a été recueillie par un amateur, M. Berthet, dans sa maison située près du pont Saint-Étienne ; le reste est au musée archéologique de Limoges. L'ancien cluitre, qui