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LIMOGES. — MUSÉES

mière fois le 22 mai 1847. Il ne se ressent que trop encore de sa formation tardive et de son installation provisoire, que n'a pu compléter sa réorganisation toute récente (octobre 1865) et que trahit suffisamment l'absence d'un catalogue imprimé.

Le Musée est actuellement ouvert au public les dimanches et fêtes et tous les jours aux artistes et aux étrangers (s'adresser au concierge). .

Une première salle, très-étroite , contient la collection céramique, qui devrait être la principale dans la patrie des émailleurs et des porcelainiers. En dehors pourtant de types choisis de la • manufacture de Sèvres, donnés par le gouvernement, d'une série de poteries de Maroc et d'Algérie, rapportées par M. Géry, ancien préfet, et de quelques échantillons vulgaires de l'industrie locale, ce n'est qu'une maigre exposition industrielle d'objets prêtés par quelques fabricants, en attendant la formation des véritables collections des chefs-d'œuvre de l'art limousin, que l'étranger y vient chercher et qu'un généreux élan de légitime orgueil y doit réunir un jour. Une modeste vitrine contient sans peine toute l'émaillerie : un Ecce homo, un groupe d'Adam et Eve, des médaillons de Jeanne d'Albret et de Catherine de Médicis; une petite coupe hexagone, dont le fond montre Suzanne au bain; un Saint Martial recevant une lettre de M. de Verthamond en costume de jésuite (signé des initiales de Léonard Limousin); et tout à côté, une crosse et une croix de façon byzantine.

La salle qui fait suite, est un grand salon carré consacré à la peirture. Au centre figure la statue équestre en bronze de l'empereur Sans parler des copies ni des oeuvres officielles, nous mentionnerons les principales œuvres :

Ch. Bas in. La jeune fille au lézard. 1845. — Boulerweck. Festin nuptial de Daphnis et de Chloé, 18.V2 (2 mèt. sur 2 mèt. 70). — Cicerû Entrée d'une forêt. — L. Coyniard. Un pâturage (1857). — Daubigny. Vue des environs de Paris. 1853 (0 mèt. 22 sur 0 35). — Debon. Pierre Termite prêchant la croisade (donné par l'évêque comme trop déshabillé pour une église). — Albert Durer. Sainte Catherine et Saint Léonard, panneau signé A. D. 1509, et malheureusement retouché il y a vingt ans. — CardeL Cincinnatus. 1 844. — D. Grenet. Vue prise dans le parc de Versailles. 1848. — Laudin, émailleur de Limoges. La décapitation de Cyrus (carton de 31 cent, sur 38.). — Léonard Limosin. Portrait du

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connétable de Montmorency (carton de 30 cent, sur 20). — Lobrichon. Petite fille en pénitence. 1865. — Longchamp {Henriette de). Fleurs. — Mauxaisse. Portrait en pied de Turgot, d'une touche énergique et fière, digne du modèle. — Naltier. Mme de Pompadour. 1751. (80 cent, sur 1 mèt. 65). Joli portrait d'une jolie femme. — Nazon. Paysage. 1864.

— Perdoux, de Limoges. Portrait de Jourdan. — Protais. La dernière pensée. — Rigaud. Portraits de Racine et de Mme de Montespan. — • Routtier de Lijle. Sacrifice de Jephté. — Teytaud, de la Corrèze.. L'Idylle.

— Le même. La mort d'Adonis. — Troyon. Les vendanges de Sèvres (l mèt. 40 sur 95 cent.), la perle de la collection, que Ton reconnaît à son vif éclat et à ses reflets de chaude lumière. — Vélasquei. La mort de Richard Cœur de lion devant Chalus. C'est la désignation vulgaire et accréditée par les livres les plus récemment puhliés à Limoges même, d'une toile médiocre, représentant un guerrier blessé, où n'ont que faire le* noms de Vélasquez et de Richard Cœur de lion. — De Verx- La vierge au lapin (sur cuivre; 47 cent, sur 62).

Parmi les tableaux sans nom ou sans attribution d'auteur, on remarque : — un vigoureux portrait de d'Aguesseau; — une belle tête espagnole ; — les Mages devant Hérode, dans la manière de Lebrun ; — le portrait de Gresset ; — les Quatre parties du jour et les Quatre éléments, peintures flamandes sur bois (26 cent, sur 34) ; — la Salutation angéiique, sur cuivre ; — la Flagellation , peinture sur marbre, provenant du cabinet Ardant.

On a réservé pour la décoration de la salle des séances de la société archéologique, avec le médailler ancien, un tableau provenant de l'église Saint-Pierre du Queiroix et représentant l'Incrédulité de saint Thomas. Cette toile curieuse, mais de style roide et tout archaïque (1 mèt. 85 sur 1 mèt. 40) est signée: Léonard Limosin, esmaileiur, peintre, valet de chambre du Roy, 1551. — Les antiquités diverses, des haches gauloises, des fioles, des bracelets, des statuettes et un poignard romain mêlés à des chinoiseries, souvenir de l'expédition récente, à des moulages de sceaux et à un fragment du premier télégraphe sous-marin, la conchyliologie et l'ornithologie occupent les montres d'une quatrième salle où sur quelque perchoir s'exposent des spécimens rares ou excentriques de la faune ou de l'agriculture limousines. Le sublime du genre et dont il faut demander discrètement l'exhibition à l'oreille de la concierge, parfaitement préparée à cette exigence, rappelle avec avantage l'histoire du fameux produit de la carpe et du lapin, si agréablement connu dans les foires. « Avez-vous vu le petit cheval? >» c'est la question à laquelle s'expose tout voyageur revenant de Limoges. Mais on comprend mal que dans un musée administré par une société savante et dans une ville qui a l'honneur de posséder une école de médecine et des maîtres si honorés dans la science, il reste une armoire vide pour loger de pa-

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