SAINT-YRIEIX
par un Christ dans une gloire d'un aspect tout à fait byzantin. Le clocher, placé un peu en dehors de l'axe de l'édifice, lui est évidemment antérieur, quoiqu'il présente aussi dans ses arcatures et ses baies ouvertes un mélange de roman et d'ogive. 11 n'est surmonté que d'une flèche insignifiante en bois. — Toutes les ri-
Église de Saint-Yneix.
chesses de l'architecture se sont du reste réservées pour l'ornementation de l'œuvre intérieure.
De la base du clocher au pentagone du ch6vet central (47 raètrçs; — l'église dans son plus grand axe mesure 65 mètres kO de longueur, 31 mètres 30 dans le transsept), s'échelonnent quatre travées seulement, de dimensions inégales, mais se développant par une progression si bien ménagée, que la première vue a
peine à s'en rendre compte. Les deux travées de la nef (20 mètres de longueur sur 15 mètres 23 de largeur, 18 mètres 60 de hauteur) sont séparées par un arc doubleau que supporte une grosse colonne terminée par une tête grimaçante et s'arrêtant contre un pilastre bien au-dessus du sol, pour ne pas restreindre l'espace réservé à la foule. Le mur s'épaissit sous les fenêtres et, aboutissant au pavé par des arcatures évidées, dispense d'employer à l'extérieur ces lourds contre-forts qui déparent les premières constructions de l'art ogival. La saillie qui en résulte, agrandie encore par des modillons appliqués contre la paroi, sert de base à une galerie où de nombreux fidèles pouvaient trouver place aux jours des grandes solennités religieuses. La croisée du transsept (19 mètres 60 de hauteur sur 13 mètres 90 de largeur) porte sur quatre groupes, chacun de 12 demi-colonnes, dont les fûts, différents de diamètre, s'alignent en retraite contre les angles saillants des murs et soutiennent sur leurs chapiteaux les arcs doubleaux, les formerets et les arcs d'ogives des deux croisillons, du chœur, de la nef et du transsept môme. — Le chœur, d'une seule travée, longue de Ik mètres 60 sur 16 mètres 32 de largeur et une hauteur de 21 mètres, est décoré, comme la nef, d'une galerie que supportent des arcalures, dont l'extrados est sur toute sa surface imagé d'entrelacs, de corolles de fleurs, de rinceaux et de feuillages les plus variés. C'est ici le siège de l'autel qu'on ne saurait trop honorer. Les chapiteaux qui dans la nef ne sont parés que de quelques feuilles d'eau enroulées s'épanouissent en corbeilles de palmettes et d'acanthe du meilleur goût et d'un style vraiment antique. Sur les modillons des galeries les figures grimaçantes des démons de la nef ont fait place à des têtes charmantes de jeunes hommes et de jeunes filles, et si quelque diable s'est aventuré dans le sanctuaire, sa gueule béante aux crocs de sanglier est bâillonnée vigoureusement par les mains d'un ange in visible. Une partie de ces sculptures est malheureusement masquée par de vieilles tapisseries d'Aubusson et de Felletin sans aucun mérite , que fera disparaître sans doute bientôt la restauration complète de l'église, dont le projet est en ce moment à l'étude.
Les chœurs latéraux sont complètement indépendants du chœur central avec lequel ils ne communiquent que par une petite porte