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CHALUS

trèmes de la vue et sur la plus haute côte, la tour moderne de Gaboureau.

En réalité, il semble que ces ruines de Chalus, sauf la chapelle peut-être, soient postérieures au xn e siècle et n'aient pu être ni complices ni témoins de la vengeance qui frappa le Cœur de Lion. Mais l'imagination de la légende, étonnée sans doute par cette chute foudroyante, s'est plu encore à prêter à cette modeste bicoque, sous laquelle il était venu périr, des traditions de vieille race dignes de cet exploit fameux. On a voulu y reconnaître à son nom celui d'un proconsul Lucius Capreolus, dont le château entouré de tours et de remparts, aurait primitivement couvert la colline et protégé la naissance d'une bourgade à peu près ignorée jusqu'au xu« siècle, sans que rien ait jamais prêté une apparence raisonnable à ces fantaisies.

Charlotte d'Albret, fille d'Alain d'Albret, comte de Périgord, en avait hérité labaronnie, quand elle l'apporta en dot à César Borgia, duc de Yalentinois, dont la fille Louise épousa en secondes noces Philippe de Bourbon, tué à Saint-Quentin. La famille de Bourbon-Bussety posséda jusqu'à la Révolution, y possède encore ces ruines. Comme partout, au xvi° siècle; et durant les guerres, ces murailles plus ou moins démantelées servirent de repaire à des bandes qu'il fallut à plusieurs reprises expulser, et, comme à Chalusset, ce furent les habitants de Limoges, qui se délivrèrent de terreurs et de prises d'armes sans fin, en éventrant et en jetant bas ces nids de brigands en désarroi (1590-1594).

Gérard de Fraschet, dominicain, qui fonda les Jacobins de Limoges (1205-1271), Aimery, archidiacre de Tours, archevêque de Ravenne, évêque de Chartres, mort à Avignon en 1349, Élias d'Uisel, troubadour de la fin du xn* siècle, étaient tous trois originaires de Chalus. Il vaut en outre la peine de remarquer que dans cette petite ville, aujourd'hui presque ignorée, il s'est trouvé, chose rare môme dans des cités plus prétentieuses, des mémoires reconnaissantes pour honorer une de ses rues nouvelles du nom de l'archer Gourdon, a qui la tradition populaire prête la gloire de l'avoir si bien défendue.

A quelque distance, au-dessus du bourg, au milieu d'un site pittoresque, on trouve encore les restes du vieux château de

Montbrun, qui, par leur masse, leur solidité, leur caractère imposant, attestent l'existence déchue d'une forteresse, dont il n'est pas même resté un souvenir.

A partir de Bussière-Galant, la voie pénètre en plein granit, par de profondes tranchées, à travers une région montueuse. A plusieurs reprises, vers la gauche, s'ouvre un joli vallon encaissé entre de hautes collines. A gauche aussi et caché derrière un repli de terrain, on dépasse Courbefy (V. ci-dessus, p. 274), puis un étang verdoyant. C'est au bourg de Firbeix, en franchissant la Dronne, que l'on quitte la Haute-Vienne pour pénétrer dans le département de la Dor dogue. — A 2 kilomètres de la Coquille, reparaissent les terrains schisteux.

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