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EXCURSION A LA GROTTE DE QRANVILLE

Un autre intérêt, d'autres études sollicitent une visite à la célèbre grotte de Mireraont, une des plus belles de France, plus connue dans le pays sous le nom de crati ou (rot* de Granville. Quoiqu'elle soit située sur la commune de Rouffignac, c'est aux Eyzies, croyons-nous, qu'il est le plus sûr et le plus facile, pour le départ et pour le retour, d'organiser une excursion, qui demande au nroins, de quelque point que l'on parte, une demi* journée. Il faut s'approvisionner de provisions pour le déjeuner, de bougies et d* allumettes, pour la visite de la grotte ; — on n'en trouverait pas en route; les bougies appartiennent de droit au guide, outre son salaire, — de sabots ou de souliers ferrés, chaussure indispensable pour tout le parcours intérieur. Les dames doivent à l'avance faire le sacrifice de toute toilette embarrassante ou courant risque de se gâter.

On traverse le bourg de Tayac, pour gagner à travers champs le bac de Laugerie. Sur l'autre bord, à la descente môme, on passe le long de l'emplacement des fouilles où. fut rencontrée une défense brisée d'éléphant sous une roche immense, dont l'affaissement très-sensible fit suspendre les travaux. On contourne la pointe du cap coupée par la voie ferrée et le tunnel, jusqu'au village de Manaurie (kll hab.), dont \*égli$e, fraîchement restaurée, forme une petite croix avec nef, abside et double chapelle, sans ornement ni tableau qui mérite un instant d'arrêt. Au sortir du village, on commence à gravir, par un bon chemin carrossable, la côte rapide, dont la pente et le sommet se couvrent de bois, que l'on traverse. Il faut près d'une heure pour arriver à Fleurac dont le château, à gauche, conserve une façade en partie du xvi° siècle. Viglise, sur la droite, est un modeste édifice, avec porte en berceau à voussures nues en retrait, simple nef et double chapelle à baie ogivale, le tout surmonté d'une tour basse, carrée, encore gardée aux angles par quelques mâchicoulis. Un vallon, vis-à-vis, descend à pente rapide jusqu'à un petit ruisseau, et, sur l'autre penchant, aux deux tiers de la

hauteur, au milieu de touffes de bois, s'ouvre la grotte de Gran ville, à peine séparée par quelques mètres de la commune de Fleurac. C'est extérieurement un simple trou, perdu sous l'herbe envahissante ou la terre apportée par le remous des eaux d'orages. Au-dessus môme de la grotte, sur le plateau, demeure le guide, à qui il ne faut pas manquer de s'adresser avant de pénétrer dans le dédale inextricable. Depuis 110 ans la même famille en tient la ferme et conserve seule la tradition que le père transmettra à son jeune fils, compagnon de toutes ses excursions. En 1865, un habitant de Fleurac, qui passe pour connaître à fond la grotte, se fit fort d'y mener une joyeuse bande qui se confiait à lui. Vers le soir seulement la femme du guide, inquiète de son enfant qui avait suivi les imprudents envoya chercher le père qui descendit à la découverte. Il trouva dans quelque salle lointaine toute la troupe égarée, à bout de force et de courage et déjà à demi morte de frayeur et de froid.

Après une espèce de vestibule, que la tradition prétend avoir été fortifié par les Anglais et où quelques fouilles sans suite ont fait découvrir des ossements d'animaux inconnus, il faut se baisser au plus bas, pour pénétrer tout courbé sous l'anfractuosité du roc qui surplombe; en même temps les pieds s'embourbent dans la glaise , et la marche, très-pénible, deviendrait difficile si de distance en distance ne se rencontraient au-dessus de la tête des sortes de coupoles évasées dans la roche, qui permettent de se redresser et de reprendre haleine. Au bout de quelques minutes seulement, la route s'ouvre haute et dégagée sous des voûtes immenses, constellées de merveilles. 11 ne s'agit que de se garder des faux pas sur les éboulements de crêtes luisantes et pêlemêle accumulés, qui forment le sol. Dans la première chambre de droite un stalagmite conique haut de 1 mètre 50 et qui se surexhausse lentement des suintements de la voûte, porte le nom de cas de la Vieille; — plus loin est la chambre des Gâteaux, longue de 10 mètres, haute de 3, ornée dans tout son contour et au plafond surtout d'un entrelacement de rameaux de silex, dont la symétrie et la couleur jaune-doré représentent diverses façons de pâtisserie. Une salle plus petite, la grotte Brillante, tout étincelante de spath trièdre transparent, que mutile à plaisir le

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