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LE BUGUE

et se réunissent devant son église. Ces facilités de communication ont fait du Bugue (3008 hab.) l'entrepôt des vins, des denrées du pays et le centre d'exportation des hauts fourneaux répandus sur tous les ruisseaux d'alentour ; on y trouve aussi des fabriques de chapeaux, dont deux très-importantes, une minoterie, une scierie mécanique, des tanneries, des pressoirs à huile. Des découvertes assez fréquentes de débris antiques rappellent que cette importance n'est pas seulement récente. C'était au ix« siècle un chef-lieu de centaine et d'archiprôtré. En 964 une dame Alau ou Adélaïde y fonda une abbaye de Bénédictines. En 1563 , les religieuses embrassèrent en masse la Réforme et se rendirent publiquement au prêche. La communauté était à peine réorganisée quand, en 1577, le seigneur de Fleurac, Jacques de Latour, l'expulsa violemment de l'abbaye, qu'il mit au pillage. V hôtel dé France occupe aujourd'hui l'emplacement de l'église du couvent qui embrassait dans ses dépendances tout le quartier voisin et dont une façade s'allonge encore tout au-dessus de la rivière. Des fenêtres on découvre une vue délicieuse sur la vallée, coupée d'Iles et de verdure, jusqu'aux collines de Cadouin (20 kil.).

Le bourg, autrefois fortifié, forme entre deux hauts coteaux une longue et principale rue, dont la droite s'appuie et s'échelonne sur la pente. La gauche, au ras de la rivière, entremêle ses maisons neuves aux prés et aux jardins. Quelques ruelles inégales, sombres et en apparence désertes, se détachent de la grande route et grimpent la côte, bordées de vieilles masures et de logis du xvi e siècle, entremêlés aux étaux des bouchers, dont les charniers sanglants s'avancent jusque sur la voie. Plus haut sur la cime s'étagent, maîtres de l'horizon, quelques hôtels élégants , parmi lesquels celui de M. Léon Dessalles, l'historien accrédité du Périgord, tout entouré d'un champ de roses.

Véglise, à la rencontre des deux routes et sur le bord de la rivière, n'offre pour façade qu'un haut mur nu surmonté d'un campanile vulgaire . L'intérieur présente un aspect étrange, comme une œuvre inachevée ou grossièrement refaite et en hâte. La nef se divise en trois travées inégales avec autels, cintrées par compartiments à huit pans d'ogive en saillie. Le chœur, tapissé de

vieilles toiles sans valeur, a pris la place du traussept dans une reconstruction plus récente que le reste de l'église. Il est supporté vers la nef par deux énormes piliers carrés dans lesquels meurent sans chapiteaux les arcs des voûtes , tandis qu'aux autres angles et vers les nefs latérales, s'accolent et pénètrent des piliers supportant la voûte en berceau du carré. Le toit plat et refait cache sans doute une coupole. Les baies sont modernes et sans caractère ; l'humidité ronge et verdit les murs.

Derrière l'église, la halle forme un parallélogramme régulier avec péristyle, coupé en trois travées transversales par des lignes de colonnes. Le premier étage est occupé par la mairie. A l'autre bout de la ville et de la grande rue, un beau champ de foire carré, avec une jeune allée d'arbres en contre-bas, descend le penchant de la côte jusqu'à la rivière.

Les truffes des environs du Bugue passent pour les plus délicates du Périgord, et de fait se vendent 1 et 2 francs par kilogr. de plus que les autres sur les marchés.

On aperçoit de la gare, à g., au fond de la vallée, le pont de quatre arches jeté sur la Vezère , que l'on va tout d'abord franchir. — A droite s'alignent les blanches maisons du Bugue, sur la pente du versant que l'on abandonne, pour pénétrer dans un coude de la rivière, dont on rase à droite le bord. A g. et tout près sur la commune de Saint -Chamassy (970 hab.) se montre le vieux castel de Perdigat entre deux croupes de roc que la voie traverse ; puis la vallée Rabaissant laisse voir au sommet d'un coteau à pic, qui forme un promontoire au confluent même de la Dordogne et de la Vezère, le gros village de Limeuil (856 hab.), centre stratégique dès les temps les plus anciens et défendu au moyen âge par des remparts et un château fort dont les tours d'angle avaient près de trois mètres d'épaisseur. Ce château appartenait en 1650 à la maison de Turenne quand la princesse de Condé, fuyant la cour, s ; y arrêta avec le duc d'Enghien, son jeune enfant. Les maisons, les fermes, les villages se pressent disséminés sur les deux rives de la Dordogne, dont on suit maintenant le cours, en contournant une croupe escarpée. Au dernier détour à gauche, on entrevoit le château de Falgueyrac et sur une petite crête, une modeste maisonnette,

LE BUISSON. — CADOUIN. 337

qu'une petite croix sur le toit signale comme une dépendance d'un prieuré du voisinage. Tout aussitôt la voie s'engage sur le magnifique pont-viaduc de Vie (9 arches de 20 mètres chacune). A un kilomètre de là, au bout de la prairie, on a devant soi le Buisson, où il faut descendre pour aller visiter les cloîtres de Gadouin. ,

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