‹ De Paris a AgenChapitre 132 sur 154 · STATION. - LE BUISSON · texte numérisé non relu

STATION. - LE BUISSON

9 kil. du Bogue. — 57 kil. de Périgueux. — 95 kil. d'Agen.

Le village du Buisson n'est qu'un écart, mais qui chaque jour s'agrandit au détriment de l'agglomération de Cabans (1304 hab.), centre officiel et délaissé de la commune. Tout près de la gare, l'ancien château de la Tour, appartenant jadis à la famille de Laurière, se cache derrière une touffe de vieux et beaux arbres. Cabans, vis-à-vis, tout au bord de l'eau, à un kilomètre à peine de la station, s'y rattache par un chemin frayé à travers champs, en vue de Bi~ garroque, ancien domaine des archevêquesde Bordeaux, qui étale de l'autre bord ses maisonnettes et ses vergers, autour de ses vieilles ruines gothiques. Entre deux, la Dordogne et sept Ilots verdoyants. C'est à Cabans qu'est l'église, simple nef basse soutenue par trois arceaux d'ogive, et percée dans l'avant-chœur de deux chapelles latérales en forme de transsept avec oculus éclairé par un vitrail moderne. La chapelle de droite rappelle sur une plaque de marbre noir l'enfeu des familles de Cléban de Bosquet, de Solminhiac, de Touchebeuf-Beaumont, de Laurière. A quelques pas plus loin, à gauche de la route, s'élève le cMteau moderne de Bellerive, et plus loin encore, sur les cimes de la rive droite, se trouvent le village de Lanseplène et le château de Cazenac, caché par une splendide avenue. Au premier détour du coteau on découvre une vue saisissante sur une admirable vallée d'une fécondité inépuisable et rendant double moisson , soit trente sacs , comme on compte dans le pays, à l'hectare. En 1863, la commune de Cabans a obtenu l'autorisation d'y organiser la culture du tabac, qui s'y récolte de qualité supérieure.

EXCURSION A CADOUIN ET A MODÈRES.

La voiture de Sarlat s'arrête au Buisson à l'arrivée du train du matin et y prend les voyageurs pour Cadouin. Il est plus com-

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mode encore de louer dans le village une voiture particulière pour Gadouin (7 kil., 3 francs) ou Gadouin et Molières(12 kil., 5 francs, aller et retour et la journée, avec un conducteur). Une demi-journée peut suffire si Ton ne dîne pas à Gadouin.

La route départementale n° 16 conduit à Gadouin le long du coteau qu'elle gravit et contourne, le plus souvent à travers des châtaigneraies , puis les premiers taillis de la forêt de la Bessède, d'où elle descend en tournoyant dans le triste vallon qu'arrose le ruisseau du Belingou. Là se cache le village de Gadouin (637 hab. ), chef-lieu de canton de l'arrondissement de Bergerac (36 kil.)« Cette localité, complètement ignorée jusqu'au xn 6 siècle, dut une célébrité véritable et une réelle opulence durant tout le moyen âge à Pabbaye fondée en 1115 par Gerauld de Sales, qui y recueillit le saint Suaire, rapporté en Périgord par un pieux pèlerin de Palestine. Cette relique— malheureusement trop multipliée, — valut au trésor qui le premier en put faire étalage, la visite des plus hauts personnages de la chrétienté et, par suite, de nombreuses munificences. Robert d'Arbrissel et saint Bernard s'arrêtèrent à Cadouin pour y prêcher. Plus tard, Louis XI, Anne de Bretagne y vinrent apporter leurs offrandes. Les libéralités des souverains de France et d'Aquitaine enrichirent en peu de temps cette petite ville , exempte même pendant de longues années de tout impôt. C'est dans ces jours de zèle et de splendeur que s'élevèrent l'église consacrée en 1154 et les cloîtres (xiu«-xvi« siècle) encore aujourd'hui debout dans leur beauté mutilée par trop d'outrages, mais que l'admiration populaire signale d'elle-même à tout venant comme une des merveilles du Périgord.

Le portail de l'église présente une large façade soutenue de quatre contre-forts romans, formés de deux bandes de pierre superposées mais d'inégale largeur. La porte, très-basse et dont la clef est décorée d'un monogramme du xv e siècle, est une baie à plein cintre de trois voussures, sans tore, reposant sur les tablettes nues de colonnettes courtes et trapues. Une large fenêtre la surmonte , cintrée avec un cordon extérieur imitant des imbrications; la corniche s'en continue jusqu'aux contreforts, en forme de zigzags ou d'ondulations. Entre chaque contre, fort une autre baie romane de même forme mais moins large,

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